Ghana : la société civile dénonce les lenteurs pour approuver la loi punissant les fausses accusations de sorcellerie
Ce lundi 10 août, la Journée mondiale contre les chasses aux sorcières met en lumière la situation au Ghana, où le débat sur la loi visant à sanctionner les fausses accusations de sorcellerie est relancé. Six ans après le lynchage d’Akuah Dente, une femme de 90 ans tuée en raison d’accusations de sorcellerie, les organisations non gouvernementales (ONG) attendent toujours la promulgation d’une loi pour protéger les victimes de telles accusations.
Amnesty International souligne que le Ghana est le seul pays au monde à maintenir des « camps de sorcières », des villages où vivent des femmes accusées de sorcellerie. Lors de cette journée, John Azumah, président du Sanneth Institute, rencontrera la ministre du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale du Ghana. Son objectif est de rappeler au gouvernement l’urgence d’adopter une loi interdisant ces pratiques.
Azumah explique : « Sous le gouvernement précédent, le président avait refusé de signer la loi. Aujourd’hui, avec le gouvernement actuel, le président John Dramani Mahama avait promis qu’il signerait ce projet de loi. Cependant, avec la formation d’un nouveau Parlement, ce projet doit être réexaminé avant que le président puisse le signer. » Il ajoute que le gouvernement actuel souhaite que ce soit une proposition gouvernementale plutôt qu’un projet d’initiative parlementaire.
« Cette loi serait un outil d’éducation et de sensibilisation, mais aussi de dissuasion, et permettrait de rendre justice aux victimes. Nous poursuivons notre travail d’éducation et de sensibilisation, qui est très important. Mais nous pensons que si nous disposions de ce projet de loi, cela nous aiderait énormément », conclut John Azumah.
Source : RFI


