Une vraie bataille contre le temps : le Parc des Oiseaux s’adapte aux vagues de chaleur
Horaires aménagés, espaces repensés, nouvelles activités. Le parc ornithologique tente coûte que coûte de s’adapter aux effets du réchauffement climatique malgré une course contre la montre avec une météo de plus en plus imprévisible.
Depuis le mois de mai, la région de Lyon a connu quatre vagues de canicule. Cette chaleur intense impacte le secteur touristique, incitant le Parc des Oiseaux, situé à Villars-les-Dombes dans l’Ain, à réajuster ses horaires et ses attractions tout en réaménageant certains espaces. Le parc, qui attire plus de 30 000 visiteurs par an, subit une baisse de sa fréquentation estivale due aux températures élevées.
Géraldine Blanchon, directrice scientifique du Parc, explique : « Le soigneur nourrit les animaux à la main, ce qui nous permet de vérifier qu’ils se portent bien. » Dans la crique des manchots, récemment réaménagée, se trouvent des manchots de Humboldt, originaires des côtes chiliennes et péruviennes. « Ces zones tempérées ont une moyenne de température similaire à la nôtre, mais avec moins d’extrêmes que ceux que nous vivons cette année », précise-t-elle.
Le parc abrite 23 manchots de Humboldt, âgés de 1 à 3 ans. Leur espace a rouvert en avril après des modifications nécessaires, car certains animaux commençaient à éprouver des difficultés respiratoires. « Nous avons d’abord minéralisé la zone, en concentrant les oiseaux sur une partie de l’enclos, car l’orientation n’était pas favorable par rapport au soleil », indique Géraldine Blanchon. « Nous avons également ajouté des zones d’ombre et un bâtiment isolé, avec une climatisation maintenant la température à 25-26 degrés. »
En cas de fortes chaleurs, le parc met à disposition des bacs d’eau pour que les oiseaux puissent se rafraîchir et doucher certaines espèces, comme les calaos, qui apprécient la pluie.
Les familles adaptent leurs visites en fonction des températures. Une mère témoigne : « On fait en fonction des températures élevées, surtout avec des enfants. » Une autre visiteuse choisit de venir un jour donné pour éviter les températures plus élevées annoncées le lendemain, assurant ainsi la possibilité de voir le spectacle des oiseaux.
Emmanuel Visentin, directeur du parc, souligne que les fortes chaleurs ont un impact économique significatif. « En août 2025, la baisse de fréquentation était de 55 à 60 % les jours de canicule, ce qui est dramatique pour l’économie du parc », explique-t-il. Pour contrer ces effets, une stratégie de diversification a été mise en place, visant à désaisonnaliser les activités.
Le parc cherche à se concentrer sur les saisons de printemps et d’automne, plus favorables désormais, et envisage d’introduire de nouvelles activités, comme un festival de musique et une ouverture hivernale avec des illuminations. Emmanuel Visentin conclut : « Nous sommes en phase de transition. C’est une véritable bataille contre le temps. »
Avec un spectacle prévu à 11h30 chaque jour, en fonction de la fréquentation et des températures, le parc repense entièrement son modèle face à cette nouvelle réalité climatique. Actuellement, un tiers de son chiffre d’affaires est réalisé durant l’été, contre la moitié dans les années 2010, un défi partagé par de nombreux parcs de plein air.
Source : Franceinfo



