Ingérences étrangères : Sébastien Lecornu alerte contre des « perspectives de menaces lourdes » sur l’élection présidentielle
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a mis en garde, lors d’une conférence de presse le jeudi 11 juin, contre le risque de « menaces lourdes » d’ingérences étrangères pesant sur l’élection présidentielle de 2027. Selon lui, « l’ensemble de la classe politique » est concerné par cette menace.
C’est depuis le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), un service rattaché à Matignon, que Lecornu a détaillé les mes envisagées pour mieux lutter contre ces ingérences. Le Premier ministre a souligné que les élections législatives à venir, suite à une possible dissolution de l’Assemblée nationale, ainsi que les élections provinciales prévues le 28 juin en Nouvelle-Calédonie, étaient également visées. L’Outre-mer est particulièrement ciblé par ce type d’opérations.
Lecornu a précisé que le risque d’ingérences avait été « significatif » lors des élections municipales précédentes, bien qu’il n’ait pas eu « d’effet majeur ». Au total, quatre opérations d’ingérences numériques étrangères ont été détectées, visant principalement des candidats de La France insoumise et le candidat d’Horizons à Paris, Pierre-Yves Bournazel.
Des propositions pour renforcer la lutte contre les ingérences
Le Premier ministre a annoncé son intention de faire des propositions aux différentes formations politiques pour renforcer l’arsenal législatif contre ces ingérences. Parmi les pistes évoquées figurent la création de « nouveaux référés » en période électorale et le durcissement des peines existantes, jugées insuffisamment dissuasives.
Un projet de loi contre les ingérences étrangères, annoncé par Emmanuel Macron en avril, pourrait être discuté à l’automne dans un calendrier parlementaire déjà chargé.
Avant cette réunion, La France insoumise avait dénoncé des tentatives d’ingérence ciblant plusieurs de ses candidats, notamment en lien avec des activités d’une entreprise privée israélienne. Lecornu a précisé que le commanditaire exact de ces ingérences ne pouvait être identifié, en raison d’un risque de « mercenariat numérique ».
À l’avenir, le Premier ministre a averti que la possibilité qu’un candidat active un mercenariat numérique à l’étranger pour nuire à un autre candidat n’était pas à exclure, qualifiant de telles actions d’ingérences étrangères dès qu’un acteur étranger est impliqué.
Source : LCP