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Reportage : « Ils viennent et prennent n’importe qui » : aux États-Unis, la communauté haïtienne vit dans la peur depuis la fin de leur statut de protection

Des centaines de milliers d’Haïtiens risquent de devoir quitter d’eux-mêmes les États-Unis ou d’être expulsés, depuis la révocation d’un statut de protection temporaire qui leur permettait depuis 2010 de vivre et de travailler légalement dans le pays.

Depuis le 27 juillet, le statut de protection temporaire (TPS) a été supprimé, validé par la Cour suprême après un an de procédure. Ce statut avait été mis en place à la suite du tremblement de terre dévastateur en Haïti, permettant aux Haïtiens de rester aux États-Unis en toute légalité.

Dans une église de la banlieue d’Atlanta, les fidèles se font rares. Une membre de la communauté témoigne : « Des membres de ma famille proche restent à la maison, ils ne font rien parce qu’ils ont peur de sortir. » Les arrestations se sont multipliées, laissant la communauté dans un état de choc. Gernide, une Haïtienne, déclare : « C’est la façon de faire qui nous choque, nous met aux abois. Ils viennent et prennent n’importe qui. »

Les craintes ne concernent pas seulement les sans-papiers. Marie, citoyenne américaine, confie : « Je suis citoyenne américaine, mais moi aussi j’ai peur. Parce que dès que vous êtes Haïtienne, que vous parlez français ou que vous êtes née en Haïti, vous êtes à risques. »

Le département de la sécurité intérieure justifie cette suppression en affirmant que le TPS a été indûment prolongé par les administrations précédentes. Gernide s’indigne : « Est-ce que Haïti est en sécurité ? Le gang est toujours présent, la violence aussi. Si on n’a pas de gouvernement, comment ce pays-là va-t-il fonctionner ? »

À Atlanta, les Haïtiens occupent des emplois essentiels. Une fidèle questionne : « Qui va faire le travail à l’hôpital ? Qui va travailler dans les jardins ? » Le curé de l’église explique que la communauté offre son aide pour les démarches administratives, mais de manière discrète pour éviter d’attirer l’attention.

Les élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre, sont attendues avec espoir par plus de 300 000 Haïtiens désormais en situation irrégulière, qui espèrent un changement politique.

Source : Franceinfo

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