Des scientifiques créent de nouveaux types de virus grâce à l’intelligence artificielle
Des chercheurs ont utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour développer des virus inédits, marquant une avancée significative dans le domaine de la biologie synthétique. Cette innovation ouvre la voie à des perspectives médicales prometteuses, tout en soulevant des préoccupations quant à l’éventuelle utilisation malveillante de cette technologie.
La récente étude, publiée dans la revue Science, a été menée par des scientifiques de l’Université Stanford et de l’Arc Institute, un centre de recherche basé à Palo Alto, Californie. Contrairement aux méthodes traditionnelles de synthèse de virus, qui consistent principalement à reproduire des génomes existants, cette recherche a permis à l’IA d’apprendre à identifier des motifs ADN dans la nature et de générer des formules pour créer des virus entièrement nouveaux.
Les chercheurs ont utilisé ces formules pour créer des molécules d’ADN, qui ont ensuite été insérées dans des bactéries. Ces bactéries ont produit des virus jamais observés dans la nature, capables d’infecter d’autres bactéries, prouvant ainsi leur viabilité.
Contexte et implications
Patrick Cai, expert en biologie synthétique à l’Université de Manchester, a qualifié cette avancée d’« étape importante ». Bien que les virus conçus par l’IA soient similaires à un virus naturel, le Phi X-174, qui n’infecte que des bactéries, des experts comme le Dr Moritz Hanke du Johns Hopkins Center for Health Security soulignent l’importance de réglementations pour prévenir la création d’agents pathogènes dangereux.
L’IA utilisée, nommée Evo, a été formée à partir de séquences génétiques provenant de millions d’organismes, totalisant environ 9 billions de nucléotides. Evo a ensuite généré 700 000 versions potentielles de virus, dont 17 se sont révélées viables après tests.
Conséquences
Les virus générés par Evo ne sont pas seulement des copies affaiblies d’existants ; certains d’entre eux se multiplient plus rapidement que le Phi X-174, ce qui pourrait en faire des outils précieux pour la recherche médicale et biotechnologique. Néanmoins, cette avancée soulève des inquiétudes quant à l’utilisation éventuelle de l’IA pour la création d’armes biologiques.
Cet article s’appuie sur des informations publiées dans le New York Times.



