L’essor des satellites privés : un nouvel horizon pour l’Internet mondial
Depuis 2019, des milliers de satellites privés orbitent autour de la Terre, rendant difficile leur comptage exact. À l’origine, l’accès à l’espace était réservé à certaines superpuissances. Aujourd’hui, il est ouvert à une multitude d’acteurs privés, avec des constellations de satellites fournissant Internet à l’échelle mondiale. Cette tendance semble vouée à se renforcer, particulièrement avec le développement rapide de l’intelligence artificielle.
Des premiers satellites aux actuelles constellations
La course à l’espace a débuté à la fin des années 1950, en pleine Guerre Froide, avec l’envoi des premiers satellites par les États-Unis et l’Union soviétique. D’autres pays, tels que le Canada, le Royaume-Uni, l’Italie et la France, ont rapidement suivi. Initialement, l’accent était mis sur des satellites de défense et d’observation. Actuellement, la majorité des satellites en orbite sont dédiés à la communication. Les satellites géosynchrones, positionnés à 35 786 kilomètres d’altitude, ont longtemps été la norme pour la téléphonie et la télévision, mais leur latence est désormais jugée trop élevée pour les exigences de l’Internet moderne.
Depuis 2020, un nombre croissant de satellites de petite taille opèrent à environ 500 kilomètres d’altitude, offrant une expérience Internet comparable à celle des connexions par câble. Ces satellites, orbitant rapidement autour de la Terre, doivent être organisés en constellations pour asr une connexion continue.
Des déploiements de plus en plus problématiques
Actuellement, le projet Starlink de SpaceX domine le marché avec environ 12 000 satellites, dont 8 651 sont opérationnels. D’autres initiatives, comme OneWeb, comptent seulement 640 satellites. SpaceX prévoit d’élargir sa flotte avec le lancement de 34 000 nouveaux satellites dans les années à venir. Parallèlement, Elon Musk développe également le projet Starshield, une constellation dédiée à des applications militaires.
Cette « colonisation de l’espace » par des entreprises privées suscite des inquiétudes, notamment concernant le syndrome de Kessler, un scénario catastrophique où la saturation de l’orbite terrestre par des satellites et des débris pourrait entraîner des collisions en chaîne. Ces événements pourraient gravement perturber des infrastructures critiques telles que le GPS et les services d’urgence.
Le développement exponentiel de l’intelligence artificielle pose également des défis. Les centres de données nécessaires à cette technologie consomment des quantités importantes d’électricité et d’eau, incitant certains acteurs à envisager de déplacer ces infrastructures dans l’espace. Elon Musk a récemment exprimé l’ambition d’envoyer un million de satellites pour abriter des centres de données.
Source : Courrier International



