Intervention conjointe des États-Unis et du Japon pour soutenir le yen
Pour la première fois depuis 1998, les États-Unis et le Japon ont effectué vendredi des achats coordonnés de devises afin de stopper la dépréciation de la monnaie japonaise face au dollar. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a justifié cette décision par la nécessité de prévenir toute instabilité financière en Asie, tout en protégeant le marché des bons du Trésor américain.
Washington a agi pour soutenir le yen, car sa faiblesse pourrait déstabiliser les marchés asiatiques, une situation rappelant la crise financière de la fin des années 1990. Les États-Unis et le Japon ont donc intervenu ensemble sur le marché des changes pour acheter des yens, une première en 25 ans, alors que la devise japonaise atteignait des niveaux historiquement bas, se négociant autour de 161,94 yens pour un dollar.
Scott Bessent a déclaré sur CNBC : « La crise financière asiatique des années 1990 a été en partie déclenchée par un yen excessivement faible. Un yen stable est crucial non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour la région. » Il a souligné l’importance de stabiliser le yen en raison des flux commerciaux et de l’ampleur de l’économie japonaise.
Le Japon, principal détenteur de dette américaine, pourrait être contraint de vendre massivement ses bons du Trésor pour racheter des yens, ce qui augmenterait la pression sur les rendements obligataires américains. Washington a également intérêt à renforcer le yen pour aider les exportateurs nippons et réduire le déficit commercial des États-Unis.
Malgré les efforts de Tokyo, qui a déjà dépensé des milliards de dollars pour soutenir sa monnaie, le yen a continué de se déprécier, en partie à cause de l’écart entre les taux d’intérêt japonais, très bas, et ceux de la Réserve fédérale américaine, plus élevés. Cela incite les investisseurs à privilégier les actifs en dollars.
La devise japonaise est également affectée par l’augmentation des prix du pétrole, qui alourdit la facture énergétique du pays, et par des préoccupations concernant la politique budgétaire expansive de la Première ministre Sanae Takaichi. Tokyo et Washington ont déclaré être prêts à intervenir à nouveau si nécessaire. Cependant, Bessent a averti que, en fin de compte, ce sont les politiques économiques japonaises et les fondamentaux qui détermineront le taux de change du yen.
Des chercheurs de Goldman Sachs ont estimé que cette intervention pourrait n’être qu’un « répit temporaire » sans changement significatif des politiques japonaises. Ils ont exprimé des doutes quant à une implication du Trésor américain en tant que signal de changements politiques plus larges au Japon.
Source : BFM TV



