Arnaque aux contrats téléphoniques : plusieurs mairies victimes

Plusieurs maires de petites communes rurales en France dénoncent une arnaque liée à des contrats téléphoniques. Ils croyaient souscrire à un simple abonnement, mais se retrouvent piégés par des contrats onéreux et impossibles à résilier, pour un service jugé largement insuffisant.

L’affaire touche particulièrement la commune de Farges-Allichamps, où la maire, Fabienne Trompas, a exprimé son indignation : « C’est honteux. Surtout pour payer un service aussi cher. » Depuis 2023, la mairie dépense plus de 6 000 euros par an pour trois appareils dont les lignes sont souvent hors service. La résiliation du contrat serait facturée à 15 000 euros, ce qui laisse l’édile dans une situation difficile : « On s’est fait avoir. C’est une arnaque. »

L’ancienne maire, Edith Michelic, a été démarchée après une panne par un commercial prétendant représenter un grand opérateur. Elle confie : « Il disait qu’ils allaient faire le nécessaire au plus vite, qu’on n’aurait plus de problèmes. » Cependant, des contrats de location et d’assurance, non mentionnés au moment de la signature, ont été découverts, entraînant un coût mensuel de 541 euros au lieu des 67,50 euros initialement annoncés.

Les habitants, au nombre de 250, se sentent également floués, craignant que cette situation compromette des projets pour la commune. « Pour un petit village qui a un petit budget, c’est énorme. Ça veut dire des projets qui n’auront pas lieu », déplore une résidente.

Au-delà de Farges-Allichamps, plus d’une centaine de communes auraient signé des contrats similaires. Au moins six d’entre elles, contactées par France Télévisions, ont signalé des problèmes. Toutes ces communes ont été démarchées par une même société basée à Paris, qui ne dispose d’aucun bureau physique. Son dirigeant, contacté par les journalistes, a admis avoir une activité lucrative, affirmant que son chiffre d’affaires atteint 6 millions d’euros. Il a également reconnu avoir au moins un litige en cours, « comme toute entreprise ».

Dans une réponse écrite, l’avocat de la société a rejeté toute accusation de tromperie, affirmant que les bons de commande précisent clairement les conditions de l’engagement. Six autres communes ont déjà engagé des procédures judiciaires pour discours commercial trompeur.

Cette affaire soulève des questions sur la transparence des pratiques commerciales et la protection des petites communes face à des démarchages agressifs.

(Source : Franceinfo)

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