Viols présumés au sein de l’équipe de campagne de Jean-Michel Aulas : « On n’a pas écouté la victime, on lui a demandé de se taire », dénonce l’opposition
Une ancienne militante de l’équipe de campagne de Jean-Michel Aulas aux élections municipales de Lyon a déposé plainte pour viol contre l’ex-directeur de la communication du candidat. La présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, a demandé à Jean-Michel Aulas et à deux de ses proches, qui étaient au courant de l’affaire, de se retirer de leurs fonctions publiques de vice-présidents. Cependant, ils ont refusé de se conformer à cette demande.
Pour Sandrine Runel, députée socialiste du Rhône et conseillère municipale, la décision de Véronique Sarselli est « salutaire mais c’était le minimum à faire ». Elle a exprimé que la présidente de la métropole aurait dû aller plus loin. Ce jeudi, elle a demandé à Aulas, ainsi qu’à Laure Cédat et Emmanuel Imberton, de se retirer de leurs fonctions publiques.
Les accusations concernent Roman Abreu, ancien membre de la campagne municipale de Jean-Michel Aulas, soupçonné d’avoir violé une jeune militante de 22 ans lors d’une soirée en janvier à Lyon. La victime, qui a porté plainte, avait informé Aulas et son entourage dès février, sans que le mis en cause ne soit écarté de l’équipe de campagne.
Runel a déclaré : « On n’a pas écouté la parole de la victime. Pire encore, on lui a demandé de se taire pour ne pas ébranler la campagne électorale. » Elle a qualifié le comportement de l’entourage de Aulas d' »abject et écœurant ».
L’élue socialiste a également affirmé que les trois élus mis en cause ne sont pas dignes de représenter le monde politique et a appelé à leurs démissions. Jeudi après-midi, Jean-Michel Aulas a répondu qu’il ne se retirerait pas, affirmant : « Nous ne sommes ni mis en cause, ni impliqués dans la procédure judiciaire en cours. »
Anaïs Belouassa, candidate LFI aux municipales de 2026, a dénoncé cette attitude, soulignant que ceux qui ont des responsabilités morales et politiques doivent protéger la victime, non l’agresseur. Elle a insisté sur le fait que personne ne doit être impuni.
Aulas et Cédat ont réagi en récusant toute interprétation de complicité ou de manquement à leurs responsabilités.
Article rédigé à partir des interviews de Julien Sauvadon.
