Des gestes vieux de 400 ans, 80 pièces à assembler : c'est l'art de faire un violon, chez la luthière Inès Morin

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Sébastien Dubos

l’essentiel Dans son atelier perpignanais, pour fabriquer un violon, elle reproduit des gestes qui n’ont pas varié depuis 400 ans. Érable ou sycomore, les essences de bois n’ont plus de secrets pour elle quand elle assemble les 80 pièces de l’instrument.

« J’ai commencé le violon quand j’avais 6 ans et j’en joue toujours, dans un groupe. J’avais fait mon stage de troisième dans un atelier de lutherie mais sans vraiment être intéressée plus que ça. Mais au lycée, un jour, j’ai tapé ‘devenir luthière’, et au même moment je me dis c’est évident, c’est ça que je veux faire », commence Inès Morin. Ce résumé posé, bienvenue dans son atelier pour découvrir avec elle ce métier d’art.

 <ul> <li><strong>Le parcours</strong> : Pendant le lycée, j’ai fait quatre stages dans quatre ateliers différents. Je suis ensuite entrée à l’école nationale de lutherie, qui est dans les Vosges pour un parcours de 3 ans. Comme j’avais beaucoup travaillé de mon côté en fabrication, j’avais un assez gros carnet de commandes en sortant de l’école. Ce qui fait que je me suis installée à mon compte, en autoentreprise, en fabrication uniquement, tout en me formant chez des collègues en restauration, entretien. J’ai ensuite été salariée pendant trois ans à Montpellier chez Olivier Calmeille, à l’atelier Scordatura. J’ai fait un peu de tout : fabrication, réparation, entretien, location, vente d’instruments, vente d’accessoires, conseils, réglages, et même un petit peu de gérance. J’ai été chef d’atelier les dernières années. <div class="center-align" rel="js-article-inline-img" data-protec-aida="image"> <figure class="std-img" data-src="https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/69bd80d80691e17652064071/original/image.jpg?v=1"> <img class="std-imgmedia-infos"> <span class="article-fullmedia-author">MiDi/S.D.</span> </figcaption> </figure> </div> </li> <li><strong>L’atelier de lutherie</strong> : Cet atelier a été mis en vente en 2025. Je me suis dit que ça faisait une dizaine d’années que j’étais luthière et que c’était le bon moment pour moi. Ici, je fais de la fabrication, de la réparation, de l’entretien, de la location d’instruments et de la vente. C’est vraiment ce qu’on appelle un atelier généraliste.</li> <li><strong>La première étape</strong> : En fabrication, chaque luthier a vraiment ses méthodes, sa manière de faire. Personnellement, je mets beaucoup d’attention à choisir mon bois brut à la pièce. Donc je vais me déplacer la plupart du temps sur des gros salons, notamment en septembre, on a un salon international à Crémone en Italie, en Lombardie. Donc là, il y a quasiment tous les fournisseurs de bois et de matériaux européens, voire d’encore plus loin. Et là, on a du choix, donc on peut vraiment choisir le bois, le regarder, le peser, mer la densité… Ensuite, ça va dépendre de la commande : une demande spécifique de tel instrument, avec parfois une demande de telle couleur de vernis, ou des problématiques de taille, de confort, selon le ou la musicienne. On part vraiment du bois brut, on va tout façonner, sculpter jusqu’au travail, après l’établi, pour accompagner le musicien dans son parcours avec l’instrument. Les réglages, le suivi post-fabrication.</li> <li><strong>La restauration</strong> : J’interviens à la demande des musiciens qui vont avoir besoin d’entretenir ou qui ont eu un petit accident avec leur instrument, c’est du cas par cas, vraiment du sur-me.</li> </ul> <footer class="txt-note">Contact : Atelier Ines Morin, 1 Rue de la Révolution Française, à Perpignan. Téléphone : 04 68 64 96 56. Elle joue sur un violon qui date de 1789 et se produira avec son groupe Solluna le 28 mars à Perpignan dans le cadre du festival de musique sacrée.</footer></div>

Source : La Dépêche

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