Cinq ans après l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation : des inégalités persistent
Cinq ans après l’extension de l’assistance médicale à la procréation (AMP) aux couples de femmes et aux femmes seules, l’égalité promise par la loi demeure fragile. Dans un contexte de saturation des centres de procréation médicalement assistée, certaines patientes se heurtent à des critères d’exclusion jugés discriminatoires. En effet, des centres écartent des candidates en raison de leur âge, de leur poids, de leur situation financière ou de leur complexité médicale.
Depuis la réforme de 2021, qui a élargi l’accès à l’AMP, le nombre de demandes a considérablement augmenté. En 2022, le ministère de la Santé a rapporté une hausse de 30 % des demandes d’AMP par rapport à l’année précédente. Cependant, cette augmentation a mis en lumière des disparités dans l’accès aux soins, certains centres de fertilité adoptant des critères restrictifs. Des femmes jugées « trop jeunes » ou « trop âgées », ainsi que celles considérées comme « trop précaires » ou « trop compliquées », se voient refuser l’accès à ces traitements, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’égalité d’accès à ces soins.
Les statistiques de l’INSEE indiquent que, en 2021, environ 15 % des femmes de 30 à 34 ans et 25 % de celles de 35 à 39 ans ont eu recours à des traitements de fertilité, mais ces chiffres cachent des disparités selon les catégories sociales et économiques. Les femmes issues de milieux plus favorisés bénéficient d’un accès plus large à ces services, accentuant ainsi les inégalités.
Cette situation pose la question de la nécessité d’une régulation plus stricte afin de garantir un accès équitable à l’AMP pour toutes les femmes, indépendamment de leur profil. Les critiques s’intensifient quant à la capacité du système à répondre aux besoins de toutes les patientes, alors que la promesse d’égalité semble encore lointaine.
Source : Ministère de la Santé, INSEE



