Bananes, papayes… Ces agriculteurs qui misent sur les fruits exotiques
Cultiver des papayes, des mangues ou des bananes au bord de la Méditerranée est le choix audacieux de certains agriculteurs. Avec le réchauffement climatique, ces fruits exotiques s’adaptent de mieux en mieux aux conditions locales, et les professionnels y voient une solution d’avenir.
À proximité de la mer Méditerranée, entre Toulon et Saint-Tropez, Dominique Bardin cultive des fruits atypiques pour la région. Il y a dix ans, elle produisait des cerises, des poires et des pommes, des cultures désormais affectées par des hivers trop doux. Dominique constate : « On n’a plus la dose de froid et finalement, il y a une plus grosse productivité sur les arbres tropicaux que sur les pommiers et poiriers. »
Sa serre permet de produire deux tonnes de fruits par an sans aucun traitement chimique, avec le papayer en tête des ventes. Dominique Bardin précise que, bien que la demande soit croissante, elle doit parfois limiter ses ventes en raison de sa production.
Les fruits sont vendus frais chaque matin directement à la ferme ou sur commande. Parmi les clients, Orasa Jaume, cheffe du food truck « OraThaï », souligne la rareté des papayes vertes en France : « En France, c’est difficile à trouver. Là, j’ai la chance d’en trouver. » Les papayes sont proposées à 5 euros le kilo, tandis que les bananes se vendent entre 50 centimes et un euro, selon la variété.
Les cultures tropicales se développent également dans d’autres régions françaises, comme la vanille en Bretagne ou les agrumes en Normandie. Dans le Var, de jeunes agronomes ont planté 200 bananiers, non seulement pour vendre les fruits, mais aussi pour proposer des plants à des particuliers et des agriculteurs souhaitant diversifier leur production. Johan Bultel, agronome à la ferme « Les bananologues », explique que 25 variétés provenant d’Asie, d’Inde, d’Afrique ou d’Amérique centrale ont été choisies pour leur résistance à la chaleur et au gel.
Bien que la production à grande échelle soit encore lointaine, elle pourrait constituer un complément de revenu intéressant pour les agriculteurs. En Ardèche, dans l’Hérault et dans le Lot-et-Garonne, d’autres agriculteurs commencent également à planter des bananiers, diversifiant ainsi leurs cultures pour mieux s’adapter au changement climatique.
Source : Franceinfo



