Le speed-watching : une nouvelle façon de consommer les écrans
Le speed-watching, ou visionnage accéléré, s’impose progressivement sur les plateformes de streaming comme Netflix et Instagram, transformant notre manière de consommer films et séries. Cette pratique, qui permet de regarder des contenus à des vitesses supérieures à la normale, soulève des interrogations sur l’attention et l’expérience cinématographique.
Depuis plusieurs années, des options de vitesse de lecture sont disponibles sur des services comme Netflix, où il est possible d’accélérer la lecture de 0,5 à 1,5 fois la vitesse normale. Une telle fonctionnalité, bien qu’elle puisse sembler controversée, est déjà intégrée sur des plateformes comme YouTube depuis 2010.
Des figures du cinéma, comme Omar Sy, ont exprimé leur désarroi face à cette tendance. En 2025, il s’est étonné de savoir que des spectateurs regardaient la série Lupin en vitesse accélérée. Benoît Magimel a également constaté que sa fille visionnait des films en x2, affirmant qu’elle n’avait pas besoin d’aller au cinéma pour comprendre l’intrigue.
Bien que le speed-watching ne soit pas encore généralisé, des études montrent que certains utilisateurs adoptent cette méthode. Selon une enquête menée en 2022, 6 % des spectateurs ont déclaré avoir régulièrement accéléré la vitesse de visionnage. La même étude a révélé que 45 % des répondants avaient tendance à effectuer d’autres activités en parallèle lors du visionnage.
Cette habitude de visionnage rapide pourrait avoir des conséquences sur notre patience et notre attention. Clément Combes, sociologue à la Sorbonne Nouvelle, souligne que cette pratique est une réponse à un environnement médiatique saturé, où le temps semble toujours insuffisant pour consommer tout le contenu disponible.
En avril 2026, le festival Les Rendez-vous Québec Cinéma a même projeté un film d’1h40 en vitesse x1,5, réduisant la durée à 66 minutes. Cette initiative visait à ouvrir le débat sur les nouvelles habitudes de consommation des contenus numériques.
Le speed-watching reflète ainsi une adaptation aux exigences d’un monde où l’information est omniprésente et où la capacité d’attention est mise à l’épreuve. Les implications de cette tendance sur notre rapport au temps et à l’attention méritent une attention particulière.
Source: HuffPost.



