Reportage : « Seulement si la police m’arrête » : l’obligation du port du casque et du gilet réfléchissant ne fait pas l’unanimité chez les conducteurs de trottinette
Choix de la sécurité oblige, la préfecture de Paris a rendu obligatoire, depuis le 8 août, le port du casque et des gilets réfléchissants pour les usagers de trottinettes dans la capitale et en petite couronne. Si certains conducteurs trouvent la me raisonnable, d’autres sont prêts à se conformer uniquement pour éviter les sanctions.
L’arrêté prévoit une amende de 135 euros en cas de non-respect de cette obligation. La préfecture souligne qu’environ 1 100 utilisateurs de trottinettes ont été gravement blessés en 2025, représentant une augmentation de 33 % par rapport à 2024. Dans la rue de Rivoli, dédiée aux vélos et trottinettes, la réaction des usagers est partagée.
Denis, policier et père de famille, attend le feu vert avec ses deux filles, toutes équipées de casques. Pour lui, le port du casque est une nécessité : « Cela permet d’éviter de finir à l’hôpital avec des conséquences souvent dramatiques. » En visite à Paris, leur guide Jim souligne également les comportements à risque observés chez certains utilisateurs : « Les gens sont un peu dangereux sur les trottinettes, certains modèles peuvent se débrider et rouler très vite. »
Cependant, la majorité des usagers de la rue de Rivoli ne portent pas de casque. William et Louisa, perchés sur leur trottinette, sont prêts à changer leurs habitudes, mais Louisa note que « c’est plus agréable d’être sans casque ». William, quant à lui, admet que la peur de l’amende pourrait le pousser à en porter un, bien qu’il n’ait jamais eu d’accident.
D’autres, comme Abdallah, un jeune Qatari de 18 ans, affichent une attitude désinvolte : « Je ne compte pas en porter tout de suite. Ce n’est pas confortable et j’ai peur que ça gâche ma belle coiffure. » Il précise qu’il respecte les règles de circulation et ne portera un casque que si la police l’y oblige.
Edwige, une autre usagère, a laissé son casque à la maison, ne s’attendant pas à une telle me. Elle estime que rendre le casque obligatoire est logique pour les trottinettes, étant donné leur motorisation.
Muriel Vergne, secrétaire générale du syndicat Samu Urgence de France, plaide pour une extension de cette obligation à l’ensemble du territoire français, en raison du nombre croissant d’accidents graves. Elle souligne que les vélos électriques, qui peuvent également être dangereux, devraient être inclus dans cette réglementation.
La préfecture de Paris et le gouvernement continuent d’explorer des solutions pour améliorer la sécurité des usagers de trottinettes, alors que le débat autour de la réglementation et de la sécurité routière reste ouvert.
Source : Franceinfo



