Mortalité infantile en France : le rapport sur la périnatalité enfin dévoilé
Un rapport sur la situation de la périnatalité en France, resté huit mois sans publication au ministère de la Santé, a été rendu public le 4 août, suite à une révélation par Le Canard Enchaîné. Ce document aborde des pistes pour contrer l’augmentation de la mortalité infantile.
En 2024, la France a enregistré 4,1 décès pour 1 000 nouveaux-nés, soit un bébé sur 250 décédant avant son premier anniversaire. Depuis 2010, la mortalité infantile est en hausse, après avoir diminué continuellement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ces chiffres alarmants placent la France au 23e rang sur 27 pays européens, alors qu’elle était autrefois parmi les leaders.
Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) examine les causes de cette situation préoccupante. Sa publication tardive soulève des interrogations sur l’inaction gouvernementale face à une problématique identifiée depuis des années. Sébastien Leurquin, journaliste indépendant, souligne que ce rapport met en lumière une dégradation continue et constitue un appel à une action urgente.
L’augmentation de la mortalité infantile est attribuée à plusieurs facteurs, dont la fermeture des petites maternités au profit d’établissements plus grands, souvent situés dans les grandes villes. Depuis 1975, trois quarts des maternités ont fermé, laissant 13 départements avec une seule maternité. Ces établissements doivent asr une triple permanence des soins, ce qui peut entraîner des fermetures temporaires en raison du manque de personnel.
D’après la Drees, environ 900 000 femmes de 15 à 49 ans résident à plus de 30 minutes d’une maternité, et le temps de trajet a augmenté de 40 % pour celles dont le trajet dépasse 45 minutes depuis 2000. Cette distance, souvent parcourue dans l’urgence, engendre du stress et augmente les risques de mortalité.
Les familles les plus précaires sont les plus touchées, notamment en Outre-mer, où les taux de mortalité sont particulièrement élevés. L’effondrement de la protection maternelle et infantile, qui garantissait un suivi équitable des femmes et de leurs enfants, est également pointé du doigt.
Le manque de moyens alloués à la néonatologie est une autre préoccupation. La France est en retard par rapport à ses voisins européens, ne comptant qu’environ 1 500 pédiatres spécialisés. L’inaction du gouvernement est critiquée, alors que le pays était autrefois parmi les meilleurs en matière de mortalité infantile au sein de l’Union européenne.
Enfin, alors que la mortalité infantile augmente, le nombre de naissances continue de diminuer en France. Le président Emmanuel Macron a exprimé le souhait de « réarmer démographiquement » le pays, mais les services de santé peinent à accueillir les nouveaux-nés.
(Source : Le Canard Enchaîné, Inspection générale des affaires sociales)



