Livres brûlés, vitrines brisées : librairies et bibliothèques sous pression en France
Dans son Rapport annuel 2025 pour la liberté de création, le ministère de la Culture a recensé 76 incidents touchant le secteur du livre, répartis sur 91 mécanismes d’action. Parmi ces incidents, 55 sont externes, provenant de particuliers, collectifs ou groupes de pression, tandis que 36 sont internes, attribuables aux administrations ou pouvoirs publics. Le rapport met en lumière des interventions dans les politiques d’acquisition, des déprogrammations de rencontres, des destructions d’ouvrages, ainsi que des dégradations et saisies d’ouvrages dans des librairies.
Le rapport distingue également six situations spécifiques concernant les librairies, où des actes de vandalisme ont été observés, souvent dirigés contre des établissements ayant une ligne éditoriale engagée, notamment en faveur des droits LGBTQIA+. Par exemple, la librairie queer « Vagues » à Nantes a été vandalisée en mai 2025, et d’autres incidents similaires ont été documentés dans des villes comme Lille, Lyon et Paris.
Les données révèlent que 48 des situations signalées ont été directement remontées à la Direction générale de la création artistique, tandis que 28 ont été identifiées par voie de presse. Le rapport souligne aussi que la documentation de ces incidents reste incomplète, en raison de l’absence d’une annexe publique et des pressions informelles qui peuvent ne pas être enregistrées.
Concernant les bibliothèques, le rapport indique des signalements fréquents concernant des pressions internes sur les politiques d’acquisition. À Lanester, des individus ont brûlé des ouvrages portant sur l’identité de genre et la sexualité, tandis qu’à Bretoncelles, un maire a refusé l’acquisition d’un livre pour des motifs de protection des mineurs.
Le rapport souligne également qu’aucune catégorie spécifique n’est dédiée aux auteurs et éditeurs dans le tableau ministériel, ce qui complique l’évaluation de leur exposition aux pressions. Par ailleurs, des cas de cen ont été observés dans le cadre scolaire, où des livres ont été retirés de sélections pour des raisons jugées inappropriées.
Enfin, le rapport appelle à une révision des politiques culturelles pour garantir qu’elles soient exemptes de toute cen idéologique, politique ou religieuse, en s’inspirant des lois sur les bibliothèques qui promeuvent la diversité et le pluralisme dans les collections.
Source : ActuaLitté



