Les agricultrices françaises face aux préjugés et à l’invisibilité de leur travail

Dans le monde de l’agriculture, traditionnellement dominé par les hommes, les femmes continuent de faire face à des préjugés et à une invisibilité persistante. Selon les dernières données, 17% des agricultrices sont encore classées sous le statut de « conjointes ou parentes », ce qui limite leur reconnaissance et leurs droits, notamment en matière de retraite.

Les témoignages de plusieurs agricultrices illustrent cette réalité. Élodie Lac, exploitante d’un élevage de volailles dans le Lot, a souvent entendu la question « Il est où le chef ? », même de la part de femmes. Dominique Raud, éleveuse en Haute-Garonne, partage des expériences similaires, soulignant l’absence de reconnaissance de leur rôle.

Bérengère Viltard, mère célibataire et nouvelle exploitante à Payrignac, raconte être surnommée « princesse tracteur » à cause de son apparence soignée, ce qui souligne les stéréotypes de genre qui persistent. Elle a repris l’entreprise familiale après la mort de sa mère, se formant en maraîchage et en trufficulture, tout en apprenant la mécanique pour ne pas dépendre des autres.

Le constat est partagé par Françoise Dufrene, qui a longtemps travaillé dans l’ombre de son mari. Elle a déclaré qu’à la mort de ce dernier, elle a enfin pu se sentir reconnue pour son propre travail. Dominique Raud, vice-présidente de la Coordination rurale de Haute-Garonne, note que malgré les défis, certaines femmes prennent les rênes de leurs exploitations.

Au niveau national, un plan gouvernemental a été présenté pour favoriser la place des femmes dans l’agriculture, alors qu’elles ne représentent que 29% des actifs agricoles et seulement un quart des chefs d’exploitation, selon le ministère de l’Agriculture.

Kyria Gay, maraîchère de 35 ans, dénonce l’invisibilité des agricultrices et se bat pour leur reconnaissance à travers des manifestations et les réseaux sociaux. Elle souligne que malgré leur travail acharné, beaucoup d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté.

Le métier d’agriculteur est déjà difficile, mais pour les femmes, c’est souvent un parcours semé d’embûches. Élodie Lac, qui a installé son élevage de 4.000 poulets bio, admet qu’il est difficile de dégager un revenu décent. Dominique Raud et son mari, avec deux enfants à charge, gagnent à peine 600 euros par mois.

La situation des agricultrices en France demeure donc préoccupante, nécessitant des actions concrètes pour améliorer leur statut et leur reconnaissance dans un secteur encore largement patriarcal.

Source : BFM TV

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