Plus d’un milliard d’euros de dettes : comment les partis politiques grecs ont vu leurs comptes sombrer
Les deux principaux partis politiques grecs, Nouvelle Démocratie et Pasok, accumulent près de 1,2 milliard d’euros de dettes auprès des banques nationales. Cette situation résulte d’une gestion financière déficiente au cours des dernières décennies, et les perspectives de redressement semblent minimes, alors que les déficits continuent d’augmenter en 2025.
Au cours de l’été, avec un retard habituel de deux mois par rapport à la limite légale, ces partis ont déposé leurs comptes. Ce délai est souvent perçu comme une stratégie pour publier les résultats à un moment où l’attention des contribuables est moindre. En 2026, les résultats financiers demeurent préoccupants. Nouvelle Démocratie, au pouvoir depuis 2019, a enregistré une hausse de 60 millions d’euros de dettes, atteignant 602 millions d’euros. De son côté, le Pasok, parti de centre-gauche, affiche 565 millions d’euros de créances.
À titre de comparaison, en France, le Rassemblement national, considéré comme le plus mauvais élève, ne comptait qu’un déficit de 11 millions d’euros en 2025, tandis que d’autres partis étaient dans le vert.
Cette situation de quasi-faillite des partis grecs est d’autant plus étonnante dans un pays où 1,5 million de citoyens sont exclus du système bancaire en raison de retards de paiement. Pour les citoyens, les banques grecques appliquent des mes strictes, tandis que les partis politiques semblent bénéficier d’une bienveillance notable. Haris Mamoulakis, député de gauche, souligne cette double norme : « Quand un citoyen est dans l’incapacité de payer, on recourt à des saisies. Mais pour les partis, c’est comme si de rien n’était. »
L’endettement des partis politiques remonte aux années 1990, lorsque ces derniers ont alterné au pouvoir, empruntant massivement auprès de banques privées en mettant en garantie leurs subventions futures, une pratique désormais interdite. La crise des dettes souveraines de 2008 a exacerbé la situation, entraînant une chute des revenus et une incapacité à rembourser les emprunts.
Antonis Georgiadis, ministre de la Santé, a reconnu que « les créances ne pourront jamais être remboursées » et que la situation ne fera que s’aggraver. Ce déséquilibre soulève des inquiétudes parmi les ONG locales quant à une dépendance croissante des partis envers les banques privées, qui, paradoxalement, affichent des bénéfices en forte hausse, avec 4,6 milliards d’euros en 2025.
Source : BFM TV.



