Menaces du FLNC : le texte sur l’autonomie de la Corse plus compromis que jamais
Alors que le projet d’autonomie de la Corse est actuellement examiné au parlement, le groupuscule clandestin indépendantiste Front de libération nationale corse – Union des Combattants (FLNC-UC) a exprimé son rejet de cette initiative ainsi que de tous ses soutiens, menaçant les « envahisseurs » non-corses sur l’île.
Cet avertissement a été formulé lors d’une conférence de presse clandestine, révélée mercredi soir par le média Corse-Matin, qui a été le seul à y participer. Suite à ces déclarations, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet national antiterroriste (PNAT) pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ».
Lors de cette conférence, une quinzaine d’individus, cagoulés et armés de fusils et pistolets-mitrailleurs, ont qualifié le processus d’autonomie, approuvé le 23 juin par l’Assemblée nationale, de « mascarade ». Ils estiment que le projet de loi constitutionnelle, qui doit être examiné au Sénat à partir du 21 octobre, « aboutit à la négation de l’existence de notre peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies ». Le FLNC a également rejeté les soutiens du texte provenant de partis nationalistes, autonomistes et indépendantistes.
Le projet de loi constitutionnel sur l’autonomie de la Corse a été annoncé par Emmanuel Macron en mars 2022, suite à l’assassinat d’Yvan Colonna et aux troubles qui ont suivi. Ce texte prévoit un « statut d’autonomie » pour la Corse, prenant en compte ses « spécificités », notamment ses caractéristiques d’île méditerranéenne et son lien culturel avec la terre corse. Ce statut doit permettre d’adapter les lois et règlements en fonction des spécificités corses, tout en conférant à la collectivité de Corse des compétences législatives en matière de développement économique, de tourisme et de transport.
Cependant, le texte pourrait ne pas aboutir, car la majorité sénatoriale est en partie hostile à cette réforme, qui a déjà suscité des remous au sein du palais du Luxembourg. En mars 2025, la commission des lois avait rejeté le rapport de Lauriane Josende sur l’avenir institutionnel de la Corse, qui soulevait des doutes sur la notion de « communauté ». Un avis du Conseil d’Etat, rendu le 17 juillet 2025, recommandait également de supprimer ce terme du projet de loi.
À quelques mois des élections sénatoriales, Gérard Larcher a demandé au gouvernement de ne pas faire démarrer le parcours législatif de la réforme par la chambre haute. Le texte, qui pourrait rencontrer une forte opposition au sein de la majorité sénatoriale, devra obtenir l’aval de 3/5e des parlementaires pour modifier la Constitution.
Source : Corse-Matin.



