Sécheresse.

Sécheresse : « Ça, normalement, c’est une prairie… »

Des rendements de fourrage et de maïs catastrophiques, des prairies grillées. Dans les campagnes bretonnes, le constat est partout le même et l’inquiétude grandit. Les éleveurs se demandent comment nourrir leurs veaux, vaches, cochons et couvées. Certains agriculteurs ont déjà commencé à vendre certains de leurs animaux pour sauver les autres.

David Hurel, agriculteur, observe la situation avec une grande inquiétude. Entre ses doigts, l’herbe de la prairie craque, jaune et brûlée. « L’herbe est très très sèche, il n’y a plus rien, plus de vert. On craint que le pied ne puisse pas repartir », déclare-t-il. La sécheresse persistante a desséché les prairies, laissant les éleveurs dans une situation précaire.

En ce moment, les vaches devraient profiter d’herbe fraîche, mais la chaleur accablante empêche la pousse. Au-delà de 25 degrés, l’herbe ne croît plus et, cette année, elle se dessèche sous le soleil ardent. Les vaches, désormais, restent à l’intérieur, se nourrissant de maïs ensilé, prévu pour les périodes difficiles. « C’est le maïs de l’an dernier, il en reste à peu près pour deux mois », s’inquiète Hurel.

Les rendements sont alarmants : à Tresboeuf, par exemple, les récoltes sont divisées par deux, trois, voire cinq dans certains cas. Habituellement, on récolte entre 12 et 14 tonnes de matière sèche à l’hectare ; cette année, ce chiffre pourrait tomber à 5 tonnes. Sur 40 hectares, cela représente un manque d’environ 300 tonnes de fourrage par ferme.

La solidarité entre les régions agricoles, qui permet habituellement aux éleveurs de s’entraider, est mise à mal cette année. La sécheresse affecte toute la France, rendant la situation encore plus difficile. « Ça va être très compliqué », prévient Hurel. Les éleveurs envisagent des solutions radicales, comme la vente de vaches pour en sauver d’autres, une pratique qui a déjà commencé.

Cette situation a également des répercussions sur le marché : l’arrivée de plus de vaches sur le marché a fait chuter les prix. « On perd 10 centimes chaque semaine, et cela dure depuis plusieurs semaines », explique Hurel. Cela affecte les revenus des éleveurs, qui espèrent maintenir leur cheptel pour garantir leur production future.

Enfin, la production de lait pourrait également être gravement impactée dans les mois à venir, les vaches ayant déjà subi des pertes de lait en raison des vagues de chaleur. La ministre de l’Agriculture a annoncé des aides pour soutenir les agriculteurs touchés par cette crise, mais leur arrivée est attendue avec impatience.

Source : France Télévisions

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