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Berlin (Allemagne), correspondance
Le bois de Hambach, longtemps occupé par des militants contre l’industrie du charbon, est désormais sauvé. La décision de le classer comme zone naturelle protégée a été annoncée le 9 juin par le ministère de l’Environnement du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. Cette parcelle de 500 hectares est devenue un symbole de la résistance contre la destruction de la nature et pour la protection du climat.
Dirk Jansen, responsable régional de l’ONG environnementale Bund, a déclaré : « La forêt de Hambach est considérée dans le monde entier comme le symbole d’une résistance sociale couronnée de succès contre la destruction de la nature. Il est désormais temps qu’elle puisse redevenir simplement une forêt. »
Des années d’occupation
Le bois de Hambach se trouve à proximité de la plus grande mine de lignite à ciel ouvert d’Europe, qui s’étend sur 46 km², entre Cologne et Aix-la-Chapelle. Autrefois, cette forêt couvrait environ 5 000 hectares, mais sa superficie a été réduite à un dixième de sa taille d’origine en raison des activités d’exploitation minière.
Depuis les années 2000, des militants de Greenpeace et du Bund ont occupé le site, construisant des cabanes et des tunnels malgré les expulsions. À partir de 2015, avec la création du mouvement Ende Gelände, la lutte pour la protection de la forêt a pris une dimension nationale, mobilisant des milliers de personnes.
Un conflit tragique
Le conflit a atteint son paroxysme en 2018 lorsque RWE, l’exploitant de la mine, a tenté d’étendre l’exploitation. Une opération d’expulsion massive a été marquée par la mort accidentelle de Steffen Meyn, un étudiant et militant. Cette tragédie a conduit à un changement de dynamique, avec des tribunaux suspendant l’exploitation et des manifestations gagnant en légitimité.
Un compromis national a depuis été établi, prévoyant la fermeture de la mine de Hambach d’ici 2029.
Le bois de Hambach va être agrandi et transformé en zone naturelle protégée, dédiée à « l’ensauvagement ». Cette initiative fait suite au transfert du site de RWE au domaine public et à des discussions entre le Land, RWE Power et des ONG.
Dirk Jansen a exprimé des réserves quant à la transformation du bois en alibi écologique. Il a insisté sur la nécessité de laisser la forêt se développer en tant qu’espace sauvage, à l’abri de toute exploitation.
Pour renaturer le site de la mine, la région et RWE prévoient de remplir la mine d’eau du Rhin, un fleuve de plus en plus vulnérable aux sécheresses. Ce processus devrait durer 40 ans et pourrait déboucher sur la création d’une grande zone naturelle, comprenant éventuellement des infrastructures de loisirs.
Source : Reporterre