Produire une alimentation saine est de plus en plus difficile
À Argelès-Gazost, le collectif « Court Circuit » a alerté cette semaine sur les difficultés du monde agricole, notamment liées à la sécheresse. Ce collectif plaide pour une agriculture locale et durable, et interpelle les élus sur la gestion de l’eau.
« Champs brûlés, ventres affamés » ; « Récoltes perdues, famines en vue » ; « Que mangerons-nous cet hiver ? » ; « Soutenons nos agris, achetons local ! » Voici quelques messages visibles cette semaine sur le marché d’Argelès-Gazost, fréquenté à cette période de l’année. Le collectif « Court Circuit », regroupant des citoyens et des agriculteurs du pays de Lourdes et des vallées des Gaves, s’est mobilisé pour sensibiliser le public aux problématiques agricoles, en particulier la sécheresse qui affecte de nombreuses exploitations locales.
De manière symbolique, une grande cuve a été installée au centre du marché, portant les noms d’agriculteurs en difficulté en raison du manque d’eau. Les passants ont été invités à remplir cette cuve avec de l’eau provenant des fontaines de la ville.
Cette action a été saluée par Alain Masy, membre du collectif, qui a souligné l’importance de la mobilisation citoyenne pour soutenir l’agriculture locale. La cuve a été offerte à un agriculteur, et Masy a insisté sur la nécessité de développer une agriculture paysanne, locale et biologique.
Le collectif « Court Circuit » souhaite également « rebrancher l’agriculture avec l’alimentation », un enjeu majeur de santé. Lors du marché, des propositions ont été formulées, notamment pour que les cantines scolaires soient approvisionnées en produits bio et locaux, faciliter l’installation de nouveaux agriculteurs, et participer à la mise en place d’une Sécurité sociale alimentaire.
Marie, éleveuse de brebis en vallée de Batsurguère, a témoigné des difficultés croissantes auxquelles elle fait face. Elle a évoqué la fermeture des abattoirs et l’impact de la sécheresse sur son exploitation, précisant qu’elle ne dispose pas d’eau du réseau et doit stocker l’eau de pluie. « Les difficultés augmentent chaque année un peu plus », a-t-elle déclaré, appelant à un soutien politique urgent.
Le message du collectif a été relayé sur le marché d’Argelès-Gazost, laissant la question de son écho auprès des décideurs politiques en suspens.
Source : DDM – Clément Beaume



