Gilets jaunes : l’État condamné à indemniser Adrien, blessé par un tir de LBD à Nantes
Ce mercredi 29 juillet, le tribunal administratif de Nantes a condamné l’État à verser 11 500 euros à Adrien, gravement blessé lors d’une manifestation des gilets jaunes. Le 29 décembre 2018, cours des 50 Otages à Nantes, le jeune homme avait été touché au crâne et à l’œil droit par un tir de lanceur de balles de défense (LBD).
L’affaire a duré près de huit ans. Dans son délibéré, le tribunal a reconnu « la responsabilité sans faute » de l’État pour les faits survenus lors de cette manifestation. Adrien, alors âgé de 22 ans, a été gravement blessé. Il a perdu connaissance après avoir été touché et s’est réveillé dans un véhicule de secours. Ses bless incluent un crâne fracturé, une mâchoire brisée et une hémorragie cérébrale. En septembre 2019, il avait confié à un média : « Je suis devenu épileptique, je fais des crises, souvent, je ne mange pas, je maigris. »
Le tribunal a noté que, bien que l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) n’ait pas pu établir que M. B. avait été blessé par un tir de LBD, ses bless sont compatibles avec un tel tir. De plus, il a été blessé alors que les policiers effectuaient une charge pour disperser un attroupement.
Le tribunal a également souligné le comportement d’Adrien, notant qu’il a délibérément choisi de rester sur place pendant près de quatre heures, malgré un contexte de tension. Bien qu’il n’ait pas été prouvé qu’il ait participé activement aux affrontements, son comportement a été jugé imprudent, ce qui a conduit à une responsabilité partagée à 50%. Le montant total des préjudices subis par Adrien est estimé à 23 000 euros.
Le tribunal a également statué sur des requêtes déposées par la société Autoroutes du Sud de la France (ASF). Cette dernière a réclamé des indemnités pour des pertes subies lors des opérations de « péage gratuit » menées durant le mouvement des gilets jaunes, mais ses demandes ont été largement rejetées, à l’exception d’une indemnisation de 543 euros pour des frais de constats d’huissier.
Les requérants disposent de deux mois pour faire appel de ces décisions.
Source : France 3 Régions



