Soudan : L’armée affiche des blindés avec l’aide de l’Arabie saoudite pour son offensive au Kordofan et au Darfour
Au Soudan, l’escalade militaire se poursuit sur plusieurs lignes de front. L’armée soudanaise a récemment renforcé ses positions au Kordofan et au Darfour, avec l’envoi de véhicules blindés de fabrication pakistanaise, financés par l’Arabie saoudite. Ce soutien marque un changement de la posture de Riyad, qui avait jusqu’à présent joué un rôle de médiateur dans le conflit. Le 2 août, ces véhicules blindés ont été présentés lors d’un défilé à Khartoum.
Selon diverses sources, l’Arabie saoudite a financé l’acquisition de 100 véhicules blindés Mohafiz V, produits par les Pakistan Military Industries. Ces véhicules sont décrits comme légers, rapides et adaptés aux terrains difficiles du Kordofan et du Darfour, offrant une grande mobilité et un entretien simplifié, selon des officiers rapportés par Sudan Tribune.
Le défilé des blindés souligne la volonté de Khartoum de montrer l’aide directe de l’Arabie saoudite à son armée. Le ministre soudanais de la Défense, le lieutenant-général Hassan Daoud Karun, a déclaré le 7 août que l’armée poursuivra ses opérations militaires pour éliminer les « traîtres », en référence aux paramilitaires soudanais. Parallèlement, le Premier ministre Kamel Idriss a évoqué les efforts en cours pour « libérer le Darfour ».
Riyad, qui a été médiateur dans le conflit entre l’armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, et les paramilitaires des Forces de soutien rapide, a initialement concentré son aide sur des projets humanitaires, tels que des hôpitaux et des infrastructures civiles. Cependant, un différend public avec les Émirats arabes unis en décembre 2025 a entraîné un changement dans sa stratégie.
Cette situation s’inscrit dans un contexte d’intensification des combats. L’Organisation internationale pour la migration (OIM) a rapporté que près de 7 000 personnes ont fui les zones de conflit au Darfour de l’Ouest, où des combats se déroulent depuis le 4 août, principalement dans la région de Bir Saliba. La plupart des déplacés ont traversé la frontière vers le Tchad.
Source : RFI



