Sénégal: l'affaire des chroniqueurs pro-Pastef relance le débat sur l'abrogation du délit d'offense au chef de l'État

Sénégal : l’affaire des chroniqueurs pro-Pastef relance le débat sur l’abrogation du délit d’offense au chef de l’État

Le 5 août 2026, trois chroniqueurs proches du parti d’Ousmane Sonko, Pastef, ont été condamnés à des peines de prison ferme de deux et trois mois pour offense au chef de l’État. Cette décision judiciaire a suscité une vive réaction de la société civile, qui juge les peines excessives et disproportionnées. Les militants appellent à l’abrogation de l’article 254 du code pénal, qui criminalise ce délit.

Les chroniqueurs ont été condamnés suite à une vidéo dans laquelle ils appelaient « au malheur et à la mort » contre « celui qui a trahi le projet du Pastef », une déclaration interprétée comme visant le président Bassirou Diomaye Faye. La société civile considère que cette disposition légale, jugée vague et sujette à interprétation, constitue une menace pour le débat public.

Alfred Nkuru Bulakali, directeur régional de l’ONG Article 19, souligne que l’interprétation de cette loi est laissée à l’appréciation des autorités, ce qui peut mener à une autocen de la part des citoyens. Il met en lumière le risque que les personnes hésitent à s’exprimer par crainte de poursuites judiciaires.

Malgré un consensus parmi les acteurs de la société civile pour abroger cet article, ce dernier reste en vigueur. Alioune Tine, militant des droits humains, déplore que les politiques, une fois au pouvoir, conservent ces lois pour contrôler les opposants, les utilisant comme une « épée de Damoclès ».

Pour faire face aux discours haineux, la société civile plaide pour des sanctions alternatives, telles que des amendes ou des travaux d’intérêt général, plutôt que des peines d’emprisonnement.

Source : RFI

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