LinkedIn Introduit une Fonctionnalité de Signalement pour les Publications Générées par IA
Depuis le 31 juillet, LinkedIn permet à chaque membre de signaler une publication qui « semble générée par IA », sans nécessiter de justification, ce qui peut entraîner une réduction de sa portée. Cette nouveauté, intitulée « Seems like AI slop », permet à tout utilisateur de cliquer pour signaler un contenu, sans que l’auteur ne soit informé ni que le contenu soit supprimé. Au lieu de cela, sa diffusion dans les suggestions et au-delà du réseau direct de l’auteur est diminuée, entraînant une baisse des statistiques de visibilité.
La plateforme a choisi de faire confiance à l’évaluation humaine plutôt qu’à un système de détection automatique. Les outils de détection de texte généré peuvent se tromper dans les deux sens, accusant des auteurs authentiques tout en laissant passer des textes modifiés. Ainsi, LinkedIn utilise les signalements des utilisateurs pour former ses propres modèles de détection, permettant à l’algorithme de reconnaître ces contenus à l’avenir.
Une étude du détecteur Pangram, portant sur plus d’un million de publications, révèle qu’environ 40 % des textes LinkedIn de 250 mots et plus semblent générés par IA. Ce chiffre, souvent mal interprété, me la ressemblance avec les productions machines, et non la fraude. Un texte rédigé par un professionnel qui respecte les codes du réseau peut également être classé dans cette catégorie.
Cette fonctionnalité crée une sanction sans procédure claire : tout utilisateur, y compris des concurrents, peut signaler un texte, même s’il est authentique. Il n’existe aucun recours ni notification à l’auteur. LinkedIn privilégie ainsi la qualité perçue des contenus au détriment de la sécurité juridique des auteurs, alignant cette démarche avec ses intérêts commerciaux.
Pour les entreprises et les indépendants, la question centrale n’est plus « utilisons-nous l’IA ? » mais « notre contenu est-il distinctif ? ». LinkedIn encourage l’utilisation des outils de rédaction, mais ce qui est pénalisé, c’est la production générique, le texte qui n’a pas été relu et qui manque d’une voix unique.
Les recommandations pour les utilisateurs incluent l’élimination des marqueurs fréquemment signalés, comme le tiret cadratin, ainsi que l’introduction d’éléments vérifiables tels que des noms, des dates et des chiffres. Adopter une position claire et conserver des imperfections stylistiques, désormais perçues comme des signes d’humanité, sont également conseillés.
Les signalements humains d’aujourd’hui deviendront les filtres automatiques de demain. Les organisations qui privilégient la quantité de contenu au détriment de sa singularité risquent de voir leur portée organique diminuer, tandis que celles qui publient moins mais avec une voix identifiable pourront en bénéficier. Sur LinkedIn, l’écriture générique devient ainsi un handicap, offrant une opportunité pour ceux qui ont un message authentique à partager.
Source : Journal du Net



