Vérité, justice, réparations : les clés d’une paix durable

Vérité, justice, réparations : les clés d’une paix durable

Pour Volker Türk, le chef des droits de l’homme de l’ONU, la paix ne peut se limiter à un cessez-le-feu ou à un accord politique. Elle nécessite une reconnaissance des violations commises, une justice pour les victimes et un rétablissement de la confiance dans les institutions. Cette déclaration intervient dans un contexte de recul de la démocratie et de montée de l’autoritarisme. « Au cours des 20 dernières années, le nombre de pays où le pouvoir s’éloigne du peuple a presque quadruplé. Mon bureau estime qu’en 2025, un civil sera tué toutes les 14 minutes dans un conflit armé », a-t-il déclaré.

S’appuyant sur l’expérience du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) en Colombie, en République démocratique du Congo, au Bangladesh, en Syrie, au Liban et au Soudan, M. Türk a souligné que la justice transitionnelle ne se limite pas à des mes ponctuelles. Selon lui, vérité, justice, réparations et garanties de non-répétition sont indissociables. Ignorer l’un de ces piliers fragilise l’ensemble du processus, tandis qu’une approche globale peut favoriser une réconciliation durable.

Le Haut-Commissaire a également insisté sur l’importance de placer les victimes et les survivants au centre des mécanismes de justice transitionnelle. Il a cité l’exemple de la Gambie, où la Commission « Vérité, Réconciliation et Réparations » s’est largement appuyée sur les témoignages des victimes pour établir les faits et proposer des réparations. Toutefois, il a précisé que l’indemnisation ne suffit pas. La justice transitionnelle doit transformer durablement les institutions en renforçant l’État de droit, une justice indépendante, des forces de sécurité responsables, un espace civique ouvert et une gouvernance inclusive. « Si ces murs sont fragiles, c’est toute la structure qui s’ébranle », a-t-il averti.

Prenant l’exemple de la Bosnie-Herzégovine, M. Türk a salué les progrès réalisés depuis la guerre, notamment dans les poursuites judiciaires, la recherche des personnes disparues et la reconnaissance des survivants de violences sexuelles. Néanmoins, il a déploré que les discours de haine, le révisionnisme historique et les divisions identitaires continuent d’entraver la réconciliation. Évoquant son séjour en Bosnie dans les années 1990, il a constaté l’écart entre les espoirs de l’époque et les inquiétudes actuelles, notant que « pour beaucoup, ces espoirs ont cédé la place à une angoisse permanente ». Malgré ces défis, il voit dans l’engagement de nombreux jeunes contre la haine et la répression une source d’espoir, affirmant que « ensemble, nous pouvons remettre la justice transitionnelle sur les rails ».

Source : ONU

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