Tesla sur liste noire en Suède : le fonds de pension AP7 se désengage
Le fonds de pension suédois AP7 a annoncé vendredi avoir inscrit Tesla sur une liste noire, en raison du non-respect des droits des travailleurs aux États-Unis, et a vendu sa participation dans le constructeur automobile.
Dans un communiqué, le fonds a précisé avoir pris cette décision « en raison de violations avérées des droits syndicaux aux États-Unis. » Malgré plusieurs années de dialogue avec Tesla, incluant des propositions d’actionnaires en collaboration avec d’autres investisseurs, l’entreprise n’a pas pris de mes suffisantes pour résoudre les problèmes, a indiqué le fonds.
Mikael Lindh Hok, porte-parole d’AP7, a déclaré à l’AFP que le fonds avait complètement désinvesti de sa participation, évaluée à 13 milliards de couronnes (1,4 milliard de dollars), à la fin mai. Cette participation représentait 1 % des actifs totaux du fonds.
En avril, l’asur suédois Folksam avait également annoncé la cession de sa participation, valorisée à 1,6 milliard de couronnes (160 millions de dollars) dans Tesla, en raison de l’approche « problématique » de l’entreprise concernant les droits des travailleurs en Suède.
Tesla est actuellement engagé dans un conflit social avec les syndicats suédois, qui s’est intensifié depuis 2023. Fin octobre de cette année-là, le syndicat de la métallurgie IF Metall a déclenché une grève, reprochant à Tesla de ne pas adhérer à une convention collective sur les salaires. Environ 130 mécaniciens de 10 ateliers de réparation Tesla dans sept villes ont participé au mouvement, qui a ensuite été élargi à d’autres ateliers.
Le conflit oppose Tesla à près d’une dizaine de syndicats, déterminés à défendre le modèle social suédois, avec le soutien de postiers, dockers, et syndicats d’autres pays nordiques. Les conventions collectives, négociées secteur par secteur, couvrent près de 90 % des salariés en Suède, garantissant des minimas salariaux et des conditions de travail.
Elon Musk, le patron de Tesla, a systématiquement rejeté les appels à la syndicalisation parmi ses employés à l’échelle mondiale. Sa proximité avec l’ancien président américain Donald Trump a également entraîné des appels au boycott et des actes de vandalisme contre les véhicules, concessionnaires et bornes de recharge de la marque.
Source : AFP



