L'UDC ne nie plus le changement climatique mais en minimise les effets

L’UDC ne nie plus le changement climatique, mais en minimise les effets

Dans une récente interview, Albert Rösti, conseiller fédéral en charge de l’Environnement, a affirmé n’avoir « jamais remis en cause » le changement climatique, soutenant que « plus personne » au sein de l’UDC ne niait ce phénomène. Cependant, la question demeure : que pensent réellement les membres du parti de cet enjeu?

La position de l’UDC a évolué au fil des années. En 2019, à l’approche des élections fédérales, le parti affirmait que la part humaine dans le réchauffement de la Terre n’était « pas claire » et que les pronostics concernant un futur réchauffement étaient « controversés ». Aujourd’hui, bien que le vice-président Thomas Matter continue de remettre en question l’origine humaine du réchauffement climatique sur sa chaîne YouTube, cette opinion ne semble plus représenter la ligne officielle du parti. Depuis 2020, l’UDC a commencé à quantifier les émissions de CO2 attribuées à l’homme, et certains membres font désormais référence aux rapports du GIEC.

Les « effets positifs » du réchauffement climatique

D’après plusieurs entretiens menés par la RTS, des membres du parti relativisent les conséquences du dérèglement climatique, évoquant même des « effets positifs ». Marcel Dettling, président de l’UDC, a déclaré que les récoltes pourraient être plus importantes grâce à des « périodes de végétation plus longues ». D’autres, comme le conseiller national bernois Manfred Bühler, affirment qu’il y aura moins besoin d’énergie pour chauffer les bâtiments en hiver, ajoutant que le réchauffement climatique présente des aspects positifs et négatifs.

Ces termes, tels que « collapsologues » ou « catastrophistes », sont fréquemment utilisés par certains membres de l’UDC pour désigner la gauche et les médias dans leur traitement du changement climatique.

« Confiance en l’avenir »

Yvan Pahud, conseiller national vaudois, a exprimé que le changement climatique représente un défi, mais qu’il faut éviter l’alarmisme. Manfred Bühler a également souligné que si le réchauffement se poursuit, la Suisse pourrait avoir un climat similaire à celui de la Californie en 2100, une région prospère selon lui.

La majorité des parlementaires UDC sont confiants quant à la capacité de la Suisse à s’adapter, s’attendant à des avancées technologiques pour améliorer l’efficacité énergétique. Ils plaident pour un développement accru de l’énergie nucléaire tout en critiquant certaines solutions d’énergies renouvelables existantes. Concernant les actions immédiates à mener, un mot d’ordre se dégage : responsabilité individuelle, sans contraindre les citoyens à réduire leur consommation.

La Suisse « en fait déjà assez »

Actuellement, la Suisse se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Si tous les pays consommaient comme la Suisse, il faudrait 2,8 planètes pour soutenir ce mode de vie. En 2025, l’empreinte carbone moyenne d’un citoyen suisse est estimée à près de 14 tonnes par an, soit trois fois plus que la moyenne mondiale. Les émissions liées à la consommation ont augmenté d’environ 30% depuis 2000. Bien que les émissions domestiques aient diminué depuis le début du siècle, Albert Rösti a reconnu qu’il serait « compliqué » d’atteindre l’objectif de réduire de moitié les émissions par rapport à 1990 d’ici 2030.

L’UDC défend l’action du pays, arguant que même si la Suisse cessait d’émettre du CO2, cela n’aurait pas d’impact significatif sur la problématique mondiale. Le conseiller national fribourgeois Nicolas Kolly a précisé que l’effort devrait principalement incomber aux pays les plus pollueurs, considérant que la Suisse est déjà un « modèle » de lutte contre le réchauffement climatique.

Les organisations environnementales critiques

L’UDC justifie son positionnement politique sur le climat en mettant en avant ses principes de faible intervention de l’État et de liberté individuelle, tout en soulignant sa proximité avec le monde agricole. Cependant, les organisations environnementales critiquent sévèrement l’action climatique de l’UDC, estimant que ses positions sont insuffisantes face à l’urgence climatique.

Source : RTS

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