C’est un métier de galère : immersion avec Fabien Gardon, pêcheur à La Ciotat

Il est 4 heures du matin. La Ciotat dort encore lorsque Fabien Gardon s’agite sur le quai. Il remplit méthodiquement des seaux de glace avant de les hisser à bord de son bateau, le Maelu II. À cette heure-ci, la fraîcheur est palpable, une sensation presque oubliée depuis le début de l’été en Provence, marqué par des vagues de chaleur. Fabien, réveillé à 00 h 30 par son enfant d’un an et demi, affiche déjà des cernes visibles, et la journée ne fait que commencer.

Une demi-heure plus tard, les amarres sont larguées et le premier café est avalé. Le navire prend la direction de la baie de La Ciotat pour y déposer un filet à rougets. Pendant de longues minutes, le filet disparaît lentement dans l’eau. Fabien et son marin, Julien Domini, veillent à ce qu’aucun nœud ne se forme à l’intérieur. Ils reviendront le relever en fin de matinée avant de rentrer au port.

Le soleil commence à colorer le ciel encore chargé de nuages lorsque le capitaine met le cap sur les filets de langoustes. De longues minutes de navigation se succèdent sur une mer d’huile jusqu’au point d’arrivée.

La pêche professionnelle en France, un secteur en difficulté, a vu une baisse de 15 % de son volume de captures en 2021 par rapport à 2020, selon des données de l’INSEE. Ce contexte économique difficile pèse sur les pêcheurs comme Fabien, qui doivent jongler entre passion et rentabilité.

Les conditions de travail, marquées par des horaires décalés et des défis environnementaux, illustrent la réalité d’un métier souvent méconnu. La passion pour la mer et la pêche reste cependant un moteur essentiel pour ceux qui, comme Fabien, choisissent de vivre de cette activité.

Source : La Provence.

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