La Révélation des Satellites : 25 Ans de Suivi de la Fonte des Glaces et de la Montée des Niveaux Marins
Au début des années 2000, le changement climatique d’origine humaine fait déjà l’objet d’un solide consensus scientifique. Pourtant, il demeure encore relativement abstrait pour le grand public. Le troisième rapport du GIEC, publié en 2001, conclut que l’essentiel du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle est probablement dû aux émissions de gaz à effet de serre. Malgré cela, ce consensus reste peu médiatisé et le débat est souvent présenté comme une opposition entre partisans de l’origine anthropique du réchauffement et défenseurs d’une variabilité naturelle du climat.
Les satellites lancés dans les années 1990 permettent de mer des paramètres tels que la température des océans et l’étendue de la banquise. Cependant, les chercheurs manquent encore de mes globales et quantitatives, nécessaires pour mieux contraindre leurs modèles climatiques, notamment en ce qui concerne la perte de masse des calottes polaires. C’est dans ce contexte que la mission GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment) marque un tournant majeur.
En 2002, la NASA et l’agence spatiale allemande lancent un couple de satellites pour la mission GRACE. Cette initiative adopte une approche innovante : au lieu de simples observations de la Terre, les satellites ment l’évolution temporelle de la répartition des masses terrestres grâce aux variations du champ de gravité. En mesurant avec une grande précision la distance qui les sépare, les satellites peuvent détecter d’infimes variations du champ gravitationnel terrestre, directement liées à la distribution des masses sur et à l’intérieur de la Terre.
Les données fournies par GRACE permettent désormais de calculer et de suivre avec précision l’évolution saisonnière de la masse des calottes polaires, d’étudier la circulation océanique et les variations du niveau des nappes phréatiques. Les cartes produites par GRACE offrent des preuves visuelles des effets du réchauffement climatique, rendant ces phénomènes plus concrets pour le grand public et les décideurs.
Pour la première fois, il est possible de « peser » les conséquences du changement climatique à l’échelle de la planète, transformant des indices en mes quantitatives. Cette mission a donc profondément changé la manière d’observer la Terre. Les effets du réchauffement climatique, tels que l’assèchement des aquifères et l’élévation du niveau des océans, deviennent ainsi tangibles.
Source : Futura Sciences



