: Reportage

Ça va être la grande bataille : à Arras, une journée pour lutter contre les préjugés et convaincre les nouveaux maires de l’intérêt du logement social

Publié le 11/06/2026 à 18h15

L’Union sociale pour l’habitat a organisé le 11 juin à Arras une journée dédiée à la promotion du logement social, visant à convaincre les nouveaux maires fraîchement élus de l’importance de construire davantage de logements sociaux dans leurs communes. Ce rassemblement a pour but de lutter contre les préjugés qui entourent ce type de logement.

La journée a débuté par la visite d’une résidence de dernière génération, livrée rapidement et à coût réduit par rapport aux standards habituels. Dotée d’une étiquette A au Diagnostic de performance énergétique (DPE), cette construction, revêtue d’une teinte brique, s’intègre harmonieusement dans le paysage d’Arras. Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat, a souligné l’importance de montrer aux nouveaux élus que le logement social est un acteur d’innovation et de qualité.

En début de mandat, les maires lancent souvent leurs grands projets, après une campagne électorale marquée par la crise du logement. Benoît Jimenez, maire de Garges-lès-Gonesse, a indiqué que « sept à huit rendez-vous sur dix sollicités auprès des maires concernent la question du logement ». Il a ajouté que, bien que la nécessité de construire du logement social soit largement reconnue, les difficultés se manifestent rapidement, notamment auprès des riverains.

L’acceptabilité sociale de la construction de logements sociaux reste un défi. Beaucoup de maires entendent souvent : « Le logement social, oui, mais pas à côté de chez moi. » Cette résistance contribue à la difficulté d’atteindre les quotas imposés par la loi SRU, qui oblige les communes à un certain pourcentage de logements sociaux. Vingt-cinq ans après son entrée en vigueur, six maires sur dix ne respectent pas leur quota.

Emmanuelle Cosse a averti que les réticences actuelles relèvent d’un « combat du passé ». Elle a insisté sur la nécessité de logements permanents pour les habitants qui contribuent à la vie locale, face à des systèmes spéculatifs tels que les locations touristiques, qui réduisent le parc disponible.

Actuellement, sept ménages français sur dix sont éligibles à un logement social, tandis que trois millions de demandes restent en attente.

Source : Franceinfo

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