Pollution de l’air intérieur : une maison de santé montre l’exemple
La réindustrialisation de la zone de Fos Berre soulève des interrogations sur les impacts environnementaux et sanitaires des projets en cours, dans un contexte d’impréparation générale. Les questions liées à la surveillance de la qualité de l’air, essentielle pour la santé publique, restent en suspens.
Les associations locales expriment des inquiétudes concernant l’adéquation du réseau de me de la qualité de l’air. En effet, ce réseau a subi des transformations qui ont conduit à la fermeture de 24 stations de me fixes entre 2011 et 2025, en particulier dans l’ouest du département, où se concentre la majorité des industries et des nouveaux projets. De plus, la me des concentrations en particules fines, notamment les particules ultra-fines, demeure limitée. Certains polluants, tels que les PFAS et le cadmium, ne font pas l’objet d’un suivi spécifique et permanent.
Les associations s’interrogent sur le contraste entre les communications publiques concernant les liens entre santé et environnement industriel et les résultats des études réalisées par l’Institut Écocitoyen pour la Connaissance des Pollutions et l’EPSEAL (Étude Participative en Santé Environnement Ancrée Localement). Bien que trois études (SCENARI 2, REVELA 13 et BIS) apportent des connaissances supplémentaires, leurs limites ne permettent pas d’établir un diagnostic de santé des populations locales ni de répondre aux préoccupations des habitants.
L’étude SCENARI 2 n’évalue qu’un risque sanitaire théorique basé sur des moyennes d’émissions fournies par les industriels, sans prendre en compte l’état de santé réel des populations. Par ailleurs, l’étude réalisée par Santé Publique France sur une zone limitée autour des « bassins sources d’émissions » croise des statistiques de rejets déclarés avec des données sur des pathologies principalement respiratoires. L’étude REVELA 13, axée sur l’incidence des cancers du rein, de la vessie et des leucémies aiguës chez l’adulte, n’est que peu représentative des liens entre santé et environnement industriel.
Les associations déplorent également l’absence d’investigations sur des indicateurs de santé reconnus comme conséquences potentielles de l’exposition à la pollution atmosphérique, tels que la neurodégénérescence et les cancers de l’appareil respiratoire. Elles constatent que les risques de bioaccumulation et les maladies zoonotiques, liés à la réduction de la biodiversité, ne sont pas pris en compte dans les évaluations sanitaires.
Face à l’absence de réponse des autorités, les associations appellent à la mise en place d’un dispositif pérenne de me de la qualité de l’air, répondant aux besoins de surveillance et de transparence exprimés par les habitants. Elles soulignent que les mes continues sont indispensables pour informer le public, en particulier les populations vulnérables, et pour fournir des données essentielles à la recherche sur les effets des polluants atmosphériques sur la santé.
Source : Association Santé Environnement France et autres associations locales.



