Kenya : des associations de femmes marchent pour dénoncer les disparitions forcées
Une cinquantaine de femmes ont défilé dans les rues de Nairobi ce jeudi 6 août pour exiger la fin des disparitions forcées et la libération de quatre Kényans enlevés en juin, toujours portés disparus. Ces derniers ont été enlevés quelques jours avant le 25 juin, date anniversaire d’une grande manifestation antigouvernementale qui avait dégénéré en violence il y a deux ans. Cette année, de nouvelles mobilisations étaient annoncées. Les organisations de défense des droits humains accusent le gouvernement d’être derrière ces enlèvements, cherchant à museler les voix critiques.
Les manifestantes ont scandé les noms des quatre Kényans disparus, notamment Macmillan Kiarie, le fils de Beatrice Wanjera, qui affirme qu’il a été enlevé le 20 juin. Elle a déclaré : « Je demande au gouvernement de m’aider. À ceux qui détiennent mon fils : libérez-le. Cela fait un mois et demi que nous pleurons sans avoir de ses nouvelles. Il a un petit garçon de deux ans. Sa famille a besoin de lui, ses amis ont besoin de lui, notre communauté a besoin de lui. »
Les défenseurs des droits humains ont déjà recensé plus de 80 cas de disparitions forcées après le mouvement de mobilisation des « Gen Z » en 2024 et signalent une recrudescence de ces incidents.
Ruth Mumbi, l’une des manifestantes, a exprimé ses préoccupations à un an des élections présidentielles : « Nous sommes ici pour dire au gouvernement que les jeunes de notre pays ne sont pas des criminels. Nous réclamons un Kenya où les droits humains sont protégés et respectés. Un Kenya sûr, où exprimer son opinion ne vous expose pas au risque d’être tué ou enlevé. »
La marche s’est conclue devant le siège de la police, où un porte-parole a affirmé ne pas être au courant des éventuels enlèvements par les forces de l’ordre.
(Source : RFI)



