C’est extrêmement inquiétant : la reprise encore retardée à la Fonderie de Bretagne

Alors que l’activité devait reprendre sur le site de Caudan le mercredi 10 juin, la reprise du travail pour les salariés a été de nouveau décalée au 24 juin. Un retard qui inquiète les salariés et les élus compte tenu des nombreuses incertitudes sur l’avenir du site.

Cinq mois après l’incendie de l’un des fours de la fonderie de Bretagne, les 260 salariés du site sont toujours sans travail. Alors que la production sur site devait reprendre le 10 juin, un nouveau report a été annoncé lors d’un conseil social et économique extraordinaire. Aucune information précise n’a été communiquée aux salariés concernant les raisons de ce retard. Selon le député de la 6ème circonscription du Morbihan, Jean-Michel Jacques, ce retard serait dû à « un problème de fournitures de pièces pour la réparation des fours suite à l’incendie ».

Ce nouveau report ne ras pas les salariés ni les élus, comme le souligne Damien Girard, député de la 5ème circonscription du Morbihan. Il déclare : « Quand on discute avec les salariés, la visibilité en termes de plan de charge serait au mieux de deux à trois semaines. C’est extrêmement inquiétant sur la pérennité industrielle de l’activité et de ce qui s’y trame. Il y a une détresse psychique qui existe au sein des salariés. »

La reprise du site par le groupe Europlasma avait suscité beaucoup d’espoir au printemps 2025. Cependant, des doutes émergent quant à la stratégie du groupe concernant la Fonderie. Cette reprise devait inclure une mise en production rapide et massive de corps creux d’obus de mortiers, avec une capacité prévue de jusqu’à un million de corps creux d’obus de 120 millimètres par an. Pour l’instant, seuls des prototypes ont été réalisés.

En novembre dernier, les salariés avaient déclenché un droit d’alerte économique, manifestant leur « manque de confiance » envers Europlasma après le licenciement inopiné du directeur général du site, Jérôme Dupont. Jean-Michel Jacques insiste sur l’urgence de remettre l’outil de production en marche et de diversifier les activités du site.

L’incertitude autour de la Fonderie de Bretagne s’est accentuée depuis l’annonce en avril dernier de la direction du groupe de vouloir céder ses activités de défense. Des négociations exclusives ont été ouvertes avec un repreneur.

Un comité de suivi doit être organisé d’ici la fin du mois de juin pour réunir la direction, les services de l’État, les représentants syndicaux et les élus afin de faire un point d’étape. Damien Girard continue de plaider pour la mise sous tutelle du site, soulignant son caractère stratégique pour l’industrie française.

Contactée, la direction d’Europlasma n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Source : France 3 Régions

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