Je suis agricultrice et le soir je tiens un restaurant : comment l’agritourisme aide les exploitants à diversifier leurs revenus
Gîtes, chambres d’hôtes, campings… L’agritourisme séduit de plus en plus de touristes et offre aux agriculteurs une source de revenus complémentaire face aux incertitudes de l’agriculture.
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Les hébergements à la ferme, tels que gîtes, chambres d’hôtes ou campings, relèvent de l’agritourisme, un secteur en plein essor depuis les années 1980. Face aux aléas climatiques récents, de nombreux agriculteurs cherchent à diversifier leurs revenus.
Au Bessou de l’Aubrac, situé dans le sud du Cantal, c’est l’heure du dîner. Dans une ancienne grange rénovée, une quinzaine de clients attendent leur repas, composé de spécialités locales comme l’aligot et la charcuterie. Sophie Soulier, agricultrice et restauratrice, a lancé ce projet de chambres et de table d’hôtes il y a six ans, en complément de l’élevage de deux troupeaux de vaches avec son conjoint. Elle déclare : « Dama prépare l’aligot, moi, je fais les entrées et les viandes. Je suis agricultrice et le soir je tiens un restaurant. On est très occupés. »
Les visiteurs, comme Miriam et sa famille, apprécient l’expérience immersive : « Les enfants se sont régalés. Ce matin, elles ont même pu assister à la naissance d’un veau », raconte-t-elle. L’agritourisme permet aux clients de découvrir le quotidien d’une exploitation agricole.
Pour les agriculteurs, cela implique une double vie. Sophie explique : « Dama fait la traite pendant que moi, je prépare les petits déjeuners. Ensuite, je donne la ration aux vaches. » Actuellement, le couple élève 80 vaches Aubrac pour la viande et 45 vaches laitières.
En 2020, Sophie et son conjoint ont ouvert leurs chambres d’hôtes. Ce projet leur offre des revenus plus réguliers, en plus de ceux de l’élevage bovin, qui sont souvent fluctuants. Elle souligne : « Chaque année, on fait face à de grosses sécheresses. Si on commence à distribuer du foin dès juin, on n’en aura plus pour l’hiver. »
Les agriculteurs reçoivent des aides financières de la part des départements, des régions et de l’Europe, ainsi qu’un accompagnement logistique au sein des chambres d’agriculture. Lisiane Lacanal, de la chambre d’agriculture du Cantal, aide les agriculteurs dans leurs projets de diversification.
Selon elle, l’agritourisme devient progressivement une composante essentielle de l’agriculture : « Les touristes recherchent ce lien avec les produits et la terre. Ce n’est pas l’avenir de l’agriculture, mais cela fait partie d’une branche non négligeable à développer. »
Actuellement, l’agritourisme ne figure pas dans le Code rural, le Code du tourisme ou le Code de l’urbanisme, ce qui complique certains aménagements. De plus, il existe peu de données pour mer son impact économique et son potentiel de développement.
Source : Franceinfo



