« J’avais peur d’être extradée » : une dissidente chinoise menacée d’expulsion en Thaïlande trouve refuge au Canada

« J’avais peur d’être extradée » : une dissidente chinoise menacée d’expulsion en Thaïlande trouve refuge au Canada

Zhang Xinyan, ancienne enseignante à Shenzhen, a récemment obtenu refuge au Canada après avoir été détenue en Thaïlande. Elle affirme avoir fui la Chine en 2014, craignant d’être dénoncée pour avoir promu le Falun Gong, un mouvement spirituel jugé illégal par le régime de Pékin. Depuis son exil en Thaïlande, elle s’est exprimée sur la démocratie à Hong Kong, un territoire semi-autonome chinois. En 2022, elle a été désignée membre d’un groupe de militants basé au Canada. La police de Hong Kong a lancé un mandat d’arrêt contre elle, offrant une prime de plus de 25 000 dollars pour son arrestation.

En mai, Zhang a été arrêtée par les autorités thaïlandaises pour dépassement de visa, entraînant des craintes quant à une éventuelle expulsion vers Hong Kong ou la Chine continentale. Le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié Zhang de « soupçonnée d’être impliquée dans une affaire majeure portant atteinte aux intérêts nationaux de la Chine » et a demandé à la Thaïlande de clarifier la situation.

Contexte factuel

La Thaïlande n’est pas signataire de la Convention de l’ONU sur les réfugiés, mais elle est tenue par le principe de non-refoulement, qui interdit de renvoyer des personnes vers des lieux où leur vie ou leur liberté sont menacées. Cependant, le pays a expulsé 40 Ouïghours vers la Chine en février 2025 et a renvoyé deux militants chinois des droits humains en 2015, qui ont été emprisonnés à leur retour.

Human Rights Watch (HRW) a dénoncé la coopération de la Thaïlande avec la répression transnationale de la Chine, affirmant que le pays traque et renvoie des personnes recherchées par Pékin sans tenir compte des risques pour leur sécurité. Zhang Xinyan a été détenue dans le centre de rétention administrative de Suan Phlu, à Bangkok, où elle a été coupée du monde extérieur.

Données ou statistiques

Le ministère canadien de l’Immigration a rappelé que le Canada a une « longue et fière tradition » de réinstallation des réfugiés, bien qu’il n’ait pas commenté le cas spécifique de Zhang en raison de préoccupations de sécurité et de confidentialité.

Conséquence directe

Zhang Xinyan estime que la Thaïlande se trouve dans une position délicate entre la Chine et l’Occident, qualifiant la situation de « difficile pour un plus petit pays ». Son cas met en lumière les défis auxquels sont confrontées les dissidentes en fuite et les politiques d’asile dans la région.

(Source : Human Rights Watch, ministère chinois des Affaires étrangères)

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