Fusillade du centre culturel kurde à Paris : le principal suspect jugé aux assises en février prochain
Un homme de 73 ans, soupçonné d’être l’auteur des coups de feu devant un centre culturel kurde à Paris, sera jugé devant une cour d’assises en février 2027. La fusillade, survenue le 23 décembre 2022, a fait trois morts et trois blessés dans le 10e arrondissement de la capitale.
William M., conducteur de TGV à la retraite, a reconnu avoir ouvert le feu devant le centre culturel kurde de la rue d’Enghien. Selon une source judiciaire, l’homme sera jugé pour assassinats et tentatives d’assassinats, des actes commis en raison de l’origine, de l’ethnie ou de la religion des victimes. Le procès est prévu du 23 février au 8 mars 2027.
Mis en examen et écroué après les faits, William M. explique son geste par une « haine pathologique » des étrangers. Onze jours avant son attaque, il était sorti d’un an de détention provisoire pour avoir blessé des migrants avec un sabre dans un campement parisien en décembre 2021. Il a déclaré que les assassinats des Kurdes étaient « la suite » d’un cambriolage de son pavillon à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) en 2016, où il avait agressé trois intrus, ce qui lui avait valu trois ans de prison.
En mai 2023, la cour d’appel de Paris a écarté « complètement l’état de légitime défense ». William M. a affirmé devant le juge d’instruction qu’il avait « toujours eu envie d’assassiner des migrants, des étrangers », et qu’il avait même envisagé de se suicider après son acte.
La justice antiterroriste s’est interrogée sur la prise en charge de ce dossier, mais les juges d’instruction ont indiqué que « rien dans la procédure ne permet de relever des indices » que le suspect avait pour « intention de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ». Selon eux, la « motivation profonde » de William M. est « davantage d’ordre intime que politique », sans lien avec un courant idéologique extrême.
Les avocats de William M. et les parties civiles ont été contactés, mais n’ont pas souhaité commenter ce procès à venir. Ces dernières ont exprimé leur déception en novembre 2025 concernant l’absence de qualification terroriste dans cette affaire.
Avec AFP


