Une génération n’est pas une tranche d’âge, c’est une vision du monde
La notion de « génération Z » est remise en question par des experts qui affirment qu’aucune étude sérieuse ne prouve que l’âge détermine la façon de travailler. Les comportements des jeunes collaborateurs ne sont pas intrinsèquement liés à leur âge, mais plutôt à une évolution de leur vision du monde.
Les stéréotypes associés aux différentes générations, tels que les baby-boomers réticents au changement ou la génération Z désengagée, sont souvent des constructions marketing sans fondement scientifique. Les termes « génération X » et « génération Y » ont été popularisés par des ouvrages et des études de marché, sans validation sociologique. Les différences de comportement au sein d’une même classe d’âge sont souvent plus significatives que celles entre les âges.
Les racines des changements de comportement
Les changements de comportement observés chez les collaborateurs ne peuvent pas être attribués uniquement à l’âge ou à la personnalité. Ils résultent plutôt de l’impact sociétal au moment où se forme la vision du monde d’un individu. Cette vision est influencée par des événements marquants, tels que les guerres mondiales, la crise de 1929, ou encore la mondialisation des années 80. Ces événements ont façonné plusieurs visions du monde, qui coexistent aujourd’hui dans le milieu professionnel.
Vision du monde versus âge
Par exemple, deux baby-boomers ayant grandi avec une valeur d’Ordre peuvent diverger dans leurs comportements : l’un peut rester attaché aux règles, tandis que l’autre peut se tourner vers une quête de Liberté. Ces différences, bien que souvent invisibles à cause de l’étiquette d’âge, sont fondamentales pour comprendre les relations professionnelles.
Adoption des nouvelles technologies
Une idée reçue persistante est que les jeunes maîtrisent mieux les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle (IA), que leurs aînés. Selon une étude de l’Ifop, 89 % des 16-25 ans utilisent régulièrement l’IA, contre seulement 43 % de la population française en général. Toutefois, cette statistique ne fournit pas d’indications sur les raisons de la résistance de certains collaborateurs à l’adoption de ces technologies.
Conclusion
Classer les collaborateurs par âge peut mener à des généralisations erronées. En se concentrant sur les valeurs et les visions du monde, les managers peuvent mieux comprendre les freins et les besoins de chacun, transformant ainsi les stéréotypes en forces actives au sein de l’entreprise.
Source : Ifop, études diverses.



