Littérature combustible – sur Déclaration de la personne d’Elfriede Jelinek
Par Cécile Dutheil de la Rochère
Étrange objet que cette Déclaration de la personne. Le titre semble émaner d’un formulaire administratif. Quant au livre, il prend plus la forme d’un monologue théâtral que d’un roman traditionnel. Ce monologue, d’une énergie virulente, déverse sur le lecteur-spectateur une réflexion profonde et parfois dérangeante.
La narratrice reçoit un document fiscal à remplir pour prouver sa probité. Ce point de départ déclenche une avalanche de questions et d’interrogations. Les thèmes du capital financier et de l’histoire familiale juive de l’auteure, Elfriede Jelinek, se heurtent et s’entrelacent. D’un côté, l’argent et la finance, critiqués avec virulence ; de l’autre, le poids du passé, marqué par les persécutions et les camps. Les deux courants s’entrechoquent, annonçant un texte intense et parfois difficile à lire.
Le livre s’attaque à la finance mondialisée, mettant en lumière les pratiques qui permettent d’échapper à l’imposition et de blanchir des fonds. À une époque où des affaires comme celle d’Epstein révèlent les failles du capitalisme, Jelinek évoque les entreprises qui dominent les esprits, citant des noms tels que « Googol, Pomme et autres Amazones ».
Cette œuvre, à travers son approche audacieuse et son ton incisif, illustre les tensions entre l’individu et les structures économiques, tout en s’ancrant dans une histoire personnelle et collective marquée par la souffrance.
Source : AOC Media.



