Son fils est né avec une malformation : une mère en colère contre les pesticides et leurs « lobbyistes sans scrupules »

Une mère en colère contre les pesticides après la malformation de son fils

Corbie (Somme), reportage – Florence Jamault exprime sa colère face aux pesticides qu’elle considère responsables de la malformation de son fils, né en 2009 avec une hypospadias, une malformation congénitale du pénis. Elle souligne l’absence de cancer chez son enfant, contrastant avec d’autres qui souffrent de maladies graves dues aux produits chimiques agricoles. « Je nous estime heureux qu’il n’ait pas de cancer comme tant d’autres à cause des produits de l’agrochimie », déclare-t-elle.

Installée à Corbie sur une exploitation maraîchère biologique qu’elle a fondée en 2020 avec son compagnon, Julien Pillon, elle vit dans un mobile home sans accès à l’eau ni à l’électricité. Le couple travaille sur 1,5 hectare de terre, cultivant divers légumes. Julien, qui a été exposé aux pesticides durant son enfance, évoque son expérience : « J’ai utilisé le pulvérisateur à main, avec le liquide qui coule dans le dos. Cette exposition a pu jouer dans la malformation. C’est dur de se le dire. »

L’hypospadias, surnommée « maladie des garçons qui se font pipi sur les pieds », est diagnostiquée peu après la naissance de leur fils. Les soignants ont rapidement demandé le métier des parents, une réaction liée à l’histoire familiale d’agriculteurs conventionnels.

Florence et Julien ont décidé de signaler leur expérience au service « pesticides et pathologies pédiatriques » du CHU d’Amiens. Les spécialistes recommandent aux parents de demander une indemnisation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides, en raison des expositions professionnelles indirectes de Julien.

Florence déplore que les victimes de maladies liées aux pesticides ne soient pas prises en charge, notamment les riverains. Elle et son fils ont témoigné au Parlement européen pour sensibiliser sur les maladies environnementales. « On n’écoute plus les ONG ni les scientifiques », critique-t-elle, soulignant l’impact des lobbyistes sur les décisions politiques.

Elle appelle à une meilleure reconnaissance des effets des pesticides sur la santé publique, tout en affirmant son engagement envers l’agriculture biologique, malgré les défis économiques. Le couple continue de prouver la viabilité de ce modèle, tout en restant vigilant sur la qualité de leurs produits, notamment pour les femmes enceintes qui les achètent.

Source : Reporterre

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