Le prochain maire sera à la botte de l’appareil du RN
Cinq mois après son élection, le maire Rassemblement national de Montargis, Côme Dunis, quitte ses fonctions. Si l’opposition ne cache pas ses désaccords avec son action municipale, elle appelle unanimement au respect face à cette décision. Comment la majorité va-t-elle rebondir et qui prendra les commandes de la ville ?
« Cette décision est, sans aucun doute, la plus difficile de ma vie. » C’est par ces mots que Côme Dunis, 36 ans, a annoncé mardi 5 août, sa démission de ses fonctions de maire de Montargis. Élu en mars dernier sous les couleurs du Rassemblement national, il explique avoir récemment appris qu’il était confronté à « un problème de santé qui mérite désormais toute son attention ».
Cette annonce met un terme prématuré à un mandat commencé il y a moins de cinq mois et ouvre une nouvelle séquence politique pour la ville de 15 000 habitants. Si la majorité municipale as avoir déjà choisi un successeur, son identité n’a pas encore été dévoilée. Celui-ci devra être élu par le conseil municipal une fois la démission officiellement validée par la préfecture du Loiret.
À compter de cette validation, les élus disposeront de quinze jours pour procéder à l’élection du nouveau maire. La préfecture a informé n’avoir reçu, pour le moment, aucune lettre de démission de Côme Dunis. Selon le maire démissionnaire, cette réunion devrait se tenir au cours du mois de septembre.
Parmi les premiers à réagir figure l’ancien maire LR Benoît Digeon, qui a adressé par communiqué ses « pensées les plus sincères en ces moments difficiles » à son ancien adversaire, ainsi que ses « vœux de rétablissement ». De même, le groupe municipal Unis pour Montargis, soutenu par le Parti socialiste, a exprimé sa solidarité face à cette épreuve personnelle.
Joint par téléphone le 6 août, Dalip Vehapi, tête de liste du groupe Unis pour Montargis lors des dernières municipales, a confié avoir été surpris par cette annonce. Toutefois, il a rapidement précisé que cette compassion n’efface en rien son opposition politique. « Je ne combats pas l’homme. Je combats les idées d’extrême droite », a-t-il déclaré.
Sur le fond, l’élu d’opposition estime que les quatre premiers mois de mandat ont été marqués par des choix préoccupants, notamment l’arrêt de plusieurs projets culturels et éducatifs. « Ils ont arrêté le projet de pôle éducatif jeunesse, mis en pause l’institut Rafaël, remis en cause des représentations de théâtre… », a-t-il énuméré.
Le nouveau maire sera élu par le conseil municipal de Montargis, où la liste Rassemblement national Aimer Montargis dispose de 23 sièges sur 33. Bruno Nottin (PCF), également dans l’opposition, a souligné que les questions de santé relèvent de la vie privée, mais a affirmé qu’il ne votera « évidemment pas » pour le futur maire issu du Rassemblement national, prédisant que le prochain maire sera « à la botte de l’appareil central du parti ».
Cette situation soulève des interrogations quant à la direction que prendra la municipalité dans les mois à venir, alors que des décisions controversées ont déjà été prises sous le mandat de Côme Dunis, comme la revalorisation de son indemnité dans une ville où 34 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
Avant son accession à la mairie en avril 2026, Côme Dunis s’était fait connaître comme l’une des figures des Gilets jaunes à Montargis. Le 22 mars dernier, il avait fait basculer Montargis en devenant le premier maire RN d’une sous-préfecture du Loiret en battant le maire sortant, Benoît Digeon (LR).
Source : France3 Régions



