Giscard à la barre : une campagne qui impose un nouveau style en politique
En 1974, la mort inattendue du président Georges Pompidou ouvre la voie à une multitude de candidatures. Parmi les prétendants, Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de l’Économie et des Finances, se distingue par son approche novatrice.
Le candidat utilise des outils de communication modernes et les codes publicitaires pour promouvoir sa campagne. Avec l’aide de Jacques Hintzy, un publicitaire réputé, Giscard d’Estaing lance des affiches mettant en avant des messages rassurants tels que « La paix et la sécurité », visant à apaiser les craintes de la population après le décès du président sortant.
Une campagne à son image
Giscard d’Estaing cherche à personnaliser sa campagne en impliquant sa famille. Une affiche le montre souriant, accompagnée du slogan « Un vrai président ». Il souhaite ainsi projeter une image accessible et authentique, contrastant avec un style politique perçu comme guindé.
Le candidat, positionné à droite de l’échiquier, aspire à un style politique plus direct. Il déclare : « Je souhaite que ma campagne soit de l’allure la plus libre possible. Je crois qu’il y a, dans la vie politique française, quelque chose d’inutilement guindé, d’inutilement artificiel. »
Son équipe met en avant le slogan « Giscard à la barre », proposé par Anne d’Ornano, épouse d’un de ses soutiens, qui devient un cri de ralliement lors des meetings.
« Vous n’avez pas le monopole du cœur »
La campagne de 1974 est marquée par des slogans percutants et un rythme dynamique. Lors de sa déclaration de candidature, Giscard d’Estaing affirme : « Je voudrais regarder la France au fond des yeux. » Cette phrase, réitérée peu après, illustre son désir de connexion avec l’électorat.
Le premier débat politique entre deux finalistes au second tour, Giscard d’Estaing et François Mitterrand, est également organisé, marquant une étape importante dans la modernisation du débat politique en France. Durant ce débat, Giscard d’Estaing lance une phrase mémorable à Mitterrand : « Vous n’avez pas le monopole du cœur. »
Cependant, malgré son style innovant, Giscard d’Estaing fait face à une montée d’un discours politique teinté de marxisme, qui commence à influencer l’opinion publique.
Source : Radio France



