À Nice, une rencontre pour sensibiliser à la lutte contre la traite des êtres humains
Une soirée de sensibilisation consacrée à la journée mondiale pour la lutte contre la traite des êtres humains a eu lieu au centre universitaire méditerranéen de Nice. Cet événement a permis d’assister à des échanges enrichissants entre des figures de l’engagement et de la science, soulignant l’importance d’une mobilisation collective.
Au sein de la salle Albert Camus, les participants ont été sensibilisés à la problématique de la traite des êtres humains, considérée comme l’une des plus grandes atteintes à la dignité humaine. L’événement a été co-organisé par la ville de Nice, Guila Clara Kessous, artiste de l’UNESCO pour la paix, et le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de la Côte d’Azur (CCOCA). La soirée s’est clôturée par la projection du court-métrage Woman on Rope.
La traite des êtres humains se définit par le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, souvent sous la menace, la contrainte, la tromperie ou l’abus de situation de vulnérabilité, à des fins d’exploitation. Cette exploitation peut se manifester sous diverses formes, notamment l’exploitation sexuelle, le travail forcé, la mendicité forcée ou la criminalité contrainte.
Guila Clara Kessous a déclaré : « Les estimations internationales font état de dizaines de millions de personnes victimes d’esclavage moderne dans le monde. Aucun chiffre ne pourra jamais exprimer pleinement les traumatismes vécus, les libertés confisquées et les chemins difficiles de reconstruction. »
Le choix de Nice pour cette rencontre est particulièrement significatif, car la ville est à la fois un symbole de dialogue interculturel et un carrefour stratégique au sein de la Méditerranée, souvent empruntée par des réseaux d’exploitation humaine.
Dario Lutchmayah, adjoint à la mairie de Nice, a souligné l’engagement de la ville dans ce combat, en développant des infrastructures pour écouter, protéger et accompagner les victimes. Il a cité la Maison d’accueil des victimes, qui propose un accompagnement gratuit, confidentiel et personnalisé.
Les intervenants ont également insisté sur l’importance de refuser l’indifférence face à ces violences. Kirkor Ajderhanyan, vice-président du CCOCA, a affirmé que la responsabilité ne repose pas uniquement sur les institutions, mais aussi sur la société civile, car « les criminels prospèrent dans le silence et l’indifférence ».
L’intervention du neuropsychiatre Boris Cyrulnik a mis en lumière le processus de reconstruction des victimes, insistant sur la nécessité d’écouter et de construire une relation de confiance avec elles.
Pour faire face à la traite des êtres humains, il est crucial d’associer justice, protection sociale, éducation, culture et coopération internationale.
Source : NicePremium



