La sécheresse en France : des chercheurs testent des arbres pour anticiper l’avenir climatique
La sécheresse s’intensifie en France, touchant 95 départements soumis à des restrictions d’eau, tandis que le niveau des nappes phréatiques diminue presque partout. Cette situation critique fragilise également les forêts, incitant les chercheurs à anticiper leur évolution. Sur une parcelle expérimentale de 500 pins maritimes, des scientifiques privent volontairement les arbres d’une partie de la pluie pour observer leur réaction.
Des signes inquiétants se manifestent dans une forêt près de Bordeaux (Gironde), où des couleurs d’automne apparaissent en été. Les chercheurs notent même le dépérissement d’un frêne, avec une mortalité déjà observée dès le mois d’août, un phénomène rare. Face à cette situation, la question se pose : comment sauver la forêt ?
Une expérience unique se déroule avec des pins maritimes issus de huit régions méditerranéennes. Pendant dix ans, un dispositif va progressivement priver les arbres de 60 % des précipitations. Sylvain Delzon, directeur de recherche à l’Inrae, déclare : « L’objectif ici, c’est d’avoir une sécheresse sévère, celle qui est prévue pour la fin du siècle, en 2100, c’est-à-dire encore plus sévère que celle que nous vivons actuellement. » Les chercheurs cherchent à identifier les arbres les plus résistants, dont l’avenir du massif dépendra. Pour l’heure, certains pins d’Espagne et du Portugal semblent les mieux adaptés.
Parallèlement, d’autres scientifiques simulent le changement climatique en réchauffant des chênes. Shannon Brandt, post-doctorante à l’Inrae, a installé des dispositifs pour augmenter la température des branches de deux degrés au-dessus de la température ambiante. Elle étudie les effets de cette élévation sur la reproduction et la fructification des arbres, ainsi que sur leur capacité à se régénérer après des catastrophes climatiques.
La recherche de variétés d’arbres plus résistants et la réévaluation de la gestion des massifs forestiers deviennent essentielles. Les scientifiques avertissent que sans une réduction significative de l’utilisation de charbon, de gaz et de pétrole, les incendies de forêt pourraient se multiplier.
Source : Franceinfo



