Crise migratoire à Ceuta : le bilan grimpe à 80 morts, les enfants migrants en danger
Le bilan des personnes décédées en tentant de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc la semaine dernière s’est alourdi à 80, selon une commission espagnole de médecine légale. Un précédent décompte des autorités faisait état de 78 migrants péris, principalement par noyade en Méditerranée. La commission, composée de médecins légistes et d’experts de la Garde civile, précise que 82 corps ont été repêchés en mer au total. Toutefois, deux de ces corps avaient été récupérés les 29 et 30 juillet, avant l’arrivée massive de migrants, ce qui ramène le bilan lié à cet épisode à 80. Deux nouveaux corps ont été retrouvés jeudi.
Les légistes ont pratiqué 80 autopsies, dont quatre ont permis d’identifier des victimes, grâce notamment à des empreintes digitales enregistrées en Espagne. La Garde civile a ouvert un bureau dédié aux personnes disparues, permettant aux proches de porter plainte et de fournir des échantillons biologiques. À ce jour, dix-neuf plaintes ont été déposées. Du côté marocain, Rabat a signalé dimanche 11 morts, à ajouter au bilan espagnol.
Ces tragédies se sont produites lors d’une arrivée record de 72 000 migrants en quelques jours fin juillet, entrés à pied ou à la nage, provoquant de vives tensions diplomatiques au sein de l’Union européenne. Selon Madrid, 70 000 d’entre eux sont depuis retournés au Maroc.
Des mineurs livrés à eux-mêmes
Environ 2 000 personnes demeurent sur place, dont plus de la moitié sont des mineurs non accompagnés. Des ONG ont alerté sur les risques d’exploitation, de trafics et de maltraitance pesant sur ces enfants dormant dans les rues. Save the Children a appelé à des efforts urgents pour localiser et enregistrer tous les mineurs, avertissant que les filles étaient particulièrement exposées. Les capacités d’accueil sont saturées : environ 1 100 enfants nécessitent une prise en charge alors que la ville ne dispose que de 90 places pour les mineurs. « Nos capacités sont complètement dépassées », a reconnu le vice-président de Ceuta, Alejandro Ramirez, qualifiant la situation d’« insoutenable ». Des structures d’urgence sont mises en place dans des écoles et des entrepôts.
Le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez a annoncé mardi le déblocage de 25 millions d’euros pour venir en aide à ces enfants. La loi espagnole prévoit que les autres régions participent à leur accueil, mais plusieurs collectivités dirigées par le Parti populaire (droite) et Vox (extrême droite) y opposent des réticences, ces derniers ayant averti qu’ils s’y refuseraient en Andalousie et en Estrémadure.
Source : Ledauphine.com



