Un morceau de fusée de SpaceX s’est bel et bien écrasé sur la Lune
Une fusée Falcon 9 de la société SpaceX, le 6 février 2018 à Cap Canaveral (Etats-Unis).

Thom Baur / Reuters

Une fusée Falcon 9 de la société SpaceX, le 6 février 2018 à Cap Canaveral (Etats-Unis).

L’étage supérieur d’une fusée de SpaceX s’est bien écrasé sur la Lune, ont confirmé des scientifiques ce mercredi 5 août, se basant sur des observations réalisées avec un télescope au Chili, qui a capté des preuves d’un nuage de débris.

La collision, qui n’était pas intentionnelle, a vraisemblablement créé un cratère à la surface lunaire que les agences spatiales, dont la NASA, espèrent documenter. Les scientifiques estimaient que l’étage supérieur de la fusée Falcon 9, de la taille d’un bus, allait frapper la surface de la Lune à environ 8h35, heure de Paris, ce qui s’est effectivement produit.

Le très grand télescope de l’Observatoire européen austral (ESO), situé au Chili, a détecté des raies spectrales, annonçant des empreintes chimiques de sodium et de lithium dans le panache d’impact, qui a duré de cinq à dix minutes après la collision.

« Le sodium provient probablement du sol lunaire, tandis que le lithium pourrait provenir de la fusée elle-même », a détaillé l’ESO.

« Aucun danger pour la Terre »

Benjamin Fernando, chercheur au Laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, et auteur principal d’une récente étude consacrée à cette collision attendue, a confirmé auprès de l’AFP que l’impact s’était produit.

En supposant que tout le carburant avait été consommé, les auteurs de l’étude estimaient que l’engin pesait environ quatre tonnes et devait, à une vitesse de 8 690 km/h, s’écraser près du cratère Einstein, dans l’hémisphère nord de la Lune.

La NASA et sa sonde spatiale Lunar Reconnaissance Orbiter ont prévu de capturer des images du site de l’impact, tout comme la Corée du Sud avec sa sonde Pathfinder Lunar Orbiter. Cependant, les informations pourraient mettre plusieurs jours à nous parvenir.

Avant le crash, la NASA avait affirmé qu’il n’y avait « aucun danger pour la Terre ». « Les scientifiques de la NASA prévoient de collecter des données lunaires de cet événement pour affiner les techniques de suivi d’objets dans l’espace », a ajouté l’agence américaine.

L’accumulation dangereuse de débris spatiaux

La fusée Falcon 9, réalisée par SpaceX, a décollé en janvier 2025 avec deux alunisseurs à son bord. Le propulseur est revenu sur Terre, tandis que l’étage supérieur, considéré depuis comme un débris spatial, est resté dans l’espace pour poursuivre l’acheminement des deux engins.

« Un mélange d’activité solaire et de forces gravitationnelles l’a finalement placé sur une trajectoire en direction de la Lune », a affirmé Julianna Scheiman, responsable chez SpaceX, lors d’une conférence de presse de la NASA.

La collision pourrait permettre d’étudier les panaches de poussière et de mieux évaluer les risques liés aux débris spatiaux artificiels, des enjeux d’autant plus importants que la NASA espère établir une présence humaine durable sur la Lune.

La Lune est régulièrement frappée par des objets naturels, notamment des météoroïdes. Les collisions avec des objets artificiels sont en revanche beaucoup plus rares. Dans les années 1970, la NASA avait volontairement provoqué des impacts durant son programme Apollo afin de recueillir des données sismiques.

Selon l’Agence spatiale européenne, plus de 46 000 débris spatiaux, pesant au total 17 000 tonnes, se trouvent actuellement en orbite. Certains experts ont averti que l’accumulation excessive de débris spatiaux autour de la Terre pourrait entraîner une réaction en chaîne de collisions, connue sous le nom de « syndrome de Kessler ».

Source : HuffPost.

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