Hiroshima : Le Dôme de Genbaku, Témoin d’une Histoire Tragique
En ce jeudi 6 août, 50 000 personnes se sont rassemblées dans le parc du Mémorial de la paix à Hiroshima pour rendre hommage aux victimes du bombardement atomique de 1945. Ce jour marque le 81e anniversaire de l’attaque, lorsque l’avion bombardier Enola Gay a largué la bombe atomique surnommée “Little Boy”, causant la mort de 140 000 personnes dans une ville de 350 000 habitants à l’époque.
Le dôme de Genbaku, vestige emblématique de cette tragédie, demeure un point de convergence pour les visiteurs. Ce bâtiment de quatre étages, construit en 1915 par l’architecte tchèque Jan Letzel, est partiellement détruit, laissant entrevoir ses murs effondrés et ses structures en acier, témoignant de la violence de l’explosion.
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996, le dôme a échappé à la démolition dans les années d’après-guerre, malgré les débats qui l’entouraient. Selon le quotidien japonais Asahi Shimbun, de nombreux hibakushas, les survivants du bombardement, souhaitaient sa destruction, le considérant comme un symbole de l’histoire traumatique d’août 1945. Le monument a ainsi été laissé à l’abandon pendant plusieurs années.
En 1960, la mort de Hiroko Kajiyama, une jeune fille décédée à 16 ans d’une leucémie aiguë causée par les radiations, a provoqué un changement d’attitude. Son journal intime, dans lequel elle écrivait : “Seule l’image lugubre de ce bâtiment continuera de montrer au monde la réalité sinistre de cette bombe”, a inspiré un mouvement local en faveur de la préservation du dôme. Ce mouvement a conduit, six ans plus tard, à la décision de la mairie de Hiroshima de conserver le monument.
L’inscription du dôme au patrimoine mondial de l’UNESCO a également marqué une étape importante. À l’époque, les autorités américaines étaient opposées à cette initiative. Joji Hisaeda, diplomate japonais et fils de hibakusha, a dû plaider directement auprès des responsables de l’administration Clinton pour faire avancer le dossier. La pression exercée par le Japon a finalement conduit les États-Unis à céder.
Le dôme de Genbaku continue de servir de mémoire vivante des atrocités de la guerre et de la puissance destructrice de l’armement nucléaire, rappelant l’importance de la paix et de la mémoire collective.
Source : Asahi Shimbun


