Du premier couple de femmes à aujourd’hui : cinq ans de PMA pour toutes au CHRU de Nancy
Le 2 août 2021, la loi de bioéthique a ouvert la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires en France. Peu après, le CHRU de Nancy (Meurthe-et-Moselle) a réalisé la première fécondation in vitro (FIV) pour un couple de femmes. Cinq ans plus tard, le centre fait le bilan d’une réforme qui a transformé son activité.
Le Pr Mikaël Agopiantz, chef du service de médecine de la fertilité, évoque ce moment historique : « C’était un moment assez extraordinaire. Techniquement, ce n’était pas une innovation : les FIV et les inséminations avec don de spermatozoïdes existaient déjà depuis une quarantaine d’années. La nouveauté, c’était que ces techniques devenaient accessibles à un nouveau public : les couples de femmes et les femmes en projet de parentalité solo. »
Dès la publication des décrets d’application fin septembre 2021, le centre s’est préparé à accueillir ces nouvelles patientes. Les parcours de soins, documents administratifs et consentements ont été adaptés. L’ouverture de la PMA a entraîné une augmentation de l’activité de 15 à 20 %, avec une multiplication par sept des demandes d’AMP avec don de spermatozoïdes et un doublement du nombre de donneurs.
Pour gérer cet afflux, le CHRU a réorganisé ses services, supprimant les délais supplémentaires liés aux dons de spermatozoïdes. Actuellement, les délais d’accès sont identiques pour les couples hétérosexuels et les couples de femmes ou les femmes seules. En cinq ans, le centre a doublé son activité tout en maintenant des effectifs médicaux presque constants, avec près de 600 délivrances de paillettes de spermatozoïdes réalisées en 2025 et plus de 240 bébés nés grâce à ses activités.
Néanmoins, des défis subsistent. Actuellement, il faut compter entre huit et neuf mois entre la prise de rendez-vous et le début d’un parcours d’AMP. Le délai pour les dons d’ovocytes dépasse encore 18 mois à Nancy. Le Pr Agopiantz souligne que les inégalités territoriales persistent, certaines régions ayant des délais d’attente pouvant atteindre trois ans.
Le CHRU de Nancy, en coopération avec d’autres établissements, s’efforce de répondre aux besoins de la Lorraine, mais le Pr Agopiantz plaide pour une simplification des démarches pour les donneurs de gamètes et une modernisation des procédures afin de réduire les délais de prise en charge.
Source : CHRU de Nancy.



