Le chaekgeori, art coréen de la bibliothèque peinte, exposé au musée Guimet

Le chaekgeori, art coréen de la bibliothèque peinte, exposé au musée Guimet

Le musée Guimet à Paris présente une exposition consacrée au chaekgeori, un art coréen illustrant des bibliothèques peintes. Cette exposition réunit des œuvres coréennes ainsi que des prêts internationaux pour explorer la naissance de cet art, ses transformations et les échanges culturels avec la Chine et l’Europe qui ont accompagné son développement.

L’exposition met en lumière l’émergence du chaekgeori à la cour du Joseon, à la fin du XVIIIe siècle. Le roi Jeongjo commande des peintures en trompe-l’œil aux artistes de l’Académie royale, destinées à son cabinet de travail ou installées derrière son trône. Ces œuvres lui permettent de se représenter symboliquement entouré de livres, symboles de vertu et de curiosité.

Les peintures sont également replacées dans le contexte des missions diplomatiques coréennes à Pékin, où les ambassadeurs découvrent les trésors chinois et les techniques de perspective introduites par des artistes jésuites européens. Les peintres coréens intègrent ces influences pour créer leurs propres compositions, mêlant objets chinois et techniques de profondeur.

L’exposition illustre comment cet art a quitté le cadre royal pour s’installer dans des demeures aristocratiques et des foyers provinciaux. Livres, porcelaines, bronzes et objets venus de Chine, du Japon ou d’Occident sont arrangés de manière à tromper le regard.

À partir de la fin du XVIIIe siècle, les images évoluent, s’éloignant du modèle de la bibliothèque savante. Le livre devient un motif décoratif, tandis que les perspectives se fragmentent et des formes déformées apparaissent, intégrant des éléments fantastiques.

Pour enrichir cette présentation, le musée expose des œuvres provenant du Louvre et de l’Asian Civilisations Museum de Singapour, dont un rouleau peint du XVIIIe siècle, long de plus de cinq mètres, présenté pour la première fois. Cet ensemble témoigne de la circulation des codes de la perspective et du rôle des ambassades coréennes auprès de la cour chinoise.

L’exposition est accompagnée d’un catalogue de 160 pages, comportant 100 illustrations, publié par le musée Guimet et Beaux-Arts Éditions. Elle fait partie d’une programmation coréenne plus large prévue pour 2026, qui inclura des spectacles de pansori, des rencontres littéraires, des projections de films et des événements liés à la K-Pop et au cinéma d’horreur coréen. Le catalogue sera disponible à partir du 16 septembre, jour de l’ouverture de l’exposition.

Source : Actualitté

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